| Le roi s'amuse [Victor Hugo] | Format lecture | ||||
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| 3. | Une liberté expressive |
La première représentation est une déroute ; le lendemain, la pièce est interdite, les mœurs y étant « outragées », et la figure du roi de France offensée. Hugo se défend lors d'un procès mémorable intenté au théâtre, où il accuse la censure dans un virulent plaidoyer pour la liberté d'expression.
Depuis, la pièce n'a jamais connu un grand succès. Elle recèle pourtant des beautés : les saillies spirituelles de Triboulet contre les courtisans, l'expression émouvante de son amour paternel, le contraste entre les fastes de la cour et la masure sordide du tueur à gages, la scène horrifique du meurtre dans l'auberge, l'orage au dénouement.
La pièce est adaptée à l'opéra de Venise par Verdi sous le titre Rigoletto, en 1851, pour échapper à la censure, le titre et les noms sont modifiés : François Ier devient le duc de Mantoue, Triboulet, Rigoletto et Blanche devient Gilda ; l'œuvre connaît un succès mondial qui ne s'est jamais démenti.