| Fin de partie [Samuel Beckett] | Format lecture | ||||
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| 3. | La spirale infinie du temps |
Le temps ne se déroule pas ici de manière linéaire, dans un enchaînement des causes et des effets, mais de manière cyclique, avec un enfoncement tragique dans le présent de la répétition. À Hamm qui lui demande « Quelle heure est-il ? », Clov répond : « la même que d'habitude » ; le temps météorologique ne change pas ; sitôt levé, Hamm veut être recouché ; Clov le maintient dans une règle, un ordre arbitraire qui ponctue les moments de la journée d'un rituel rassurant.
L'événement annoncé, qui libérerait les trois autres personnages en les condamnant à mort, est le départ de Clov, qui ne se produit pas davantage que l'arrivée de Godot dans En attendant Godot. Mais si l'avenir n'arrive pas, le temps n'est pas pure néantisation, au contraire ; les premiers mots, dits par Clov — « Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir » — marquent d'emblée le passage du renoncement à l'espoir : s'ouvre ainsi une temporalité certes répétitive, mais infinie.