fauvisme
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fauvisme
3. Genèse du mouvement

La sensibilité fauve s’annonce dès 1894 dans les paysages produits par le peintre Louis Valtat (1869-1952). Durant l’hiver 1895, ce dernier peint environ 80 tableaux à Arcachon, regroupés sous l’intitulé Dans la baie — et exposés au salon des Indépendants l’année suivante — qui font déjà usage de couleurs pures, de formes simplifiées et qui effacent toute perspective. Henri Matisse lui-même, à partir de 1896, semble explorer des voies similaires, comme le montre par exemple Nu dans l’atelier (1896, Bridgestone Museum of Art, Tokyo) ainsi que ses paysages réalisés en 1898 lors d’un séjour en Corse.

Le néo-impressionnisme, notamment l’œuvre de Paul Signac, apporte également sa contribution à la genèse du mouvement. Henri Matisse, qui découvre en 1899 l’ouvrage du peintre Paul Signac intitulé D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, travaille avec ce dernier à Saint-Tropez durant l’été 1904 et adopte comme lui la division des tons et la touche séparée — c’est ce que l’on appelle le divisionnisme, c’est-à-dire la décomposition de la lumière par les couleurs primaires et leurs complémentaires. Il réalise également plusieurs tableaux divisionnistes qui montrent déjà, derrière la simple traduction de phénomènes optiques, un intérêt croissant pour la couleur poussée à son maximum d’intensité lumineuse. La toile emblématique de cette période est Luxe, calme et volupté (1904, Musée d’Orsay, Paris).

Au nombre des influences qui conduisent à l’éclosion du fauvisme, il convient également de noter la part revenant à Gustave Moreau qui, invitant ses élèves à se défaire de l’académisme, les guide vers de nouvelles expérimentations sur la couleur. L’influence majeure du courant repose néanmoins dans l’exemple offert par l’œuvre de Vincent Van Gogh et de Paul Gauguin, dont la découverte produit un véritable choc sur ceux qui vont devenir les fauves. La rétrospective « Vincent Van Gogh » qui se tient à la galerie Bernheim-Jeune en 1901, au cours de laquelle André Derain présente Maurice de Vlaminck à Henri Matisse, et l’exposition des peintures de Paul Gauguin en 1904 et 1906 sont à ce titre des moments cruciaux. D’autres grands maîtres contemporains à l’exemple d’Edgar Degas ou d’Edvard Munch possèdent également une influence indéniable dans l’éclosion du mouvement.