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L’éveil du fauvisme |
Au mois de mai 1905, Henri Matisse gagne Collioure où l’y rejoint en juillet André Derain. Les deux artistes se livrent, au cours de cet été, à une intense activité picturale qui marque une étape forte dans l’émergence du fauvisme (André Derain, le Port de Collioure, 1905, Musée d’art moderne, Troyes). S’éloignant progressivement de la leçon du divisionnisme de Paul Signac, ils commencent par faire usage de couleurs complémentaires appliquées par touches larges et énergiques, cherchant par ce biais un équivalent à la lumière et non son rendu exact. Rapidement, la touche séparée se transforme en larges aplats qui construisent à eux seuls l’espace. La couleur utilisée pure est employée de façon arbitraire. Devenue autonome, elle abandonne tout rapport d’imitation avec le ton local pour ne livrer que sa charge expressive, son impact émotionnel, par le biais d’intenses jeux de contrastes. Dans le même temps se mettent en place la simplification des motifs et le rejet de la perspective et du modelé. Au cours de la même période, des œuvres exprimant des préoccupations et une liberté similaires sont produites par d’autres artistes, à l’image notamment d’André Derain (Portrait de Matisse, 1905, Tate Gallery, Londres) et de Maurice de Vlaminck (Restaurant de la Machine à Bougival, 1905, Musée d’Orsay) qui partagent un atelier à Chatou depuis 1900 — ils forment depuis ce qui est parfois appelé « l’école de Chatou ».
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