| Maiman, Theodore Harold | Format lecture | ||||
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| 3. | Une découverte ignorée, voire méprisée |
Après la mise au point du maser en 1953 par les Américains Charles Townes et Arthur Schawlow, et de leur publication en 1958 (Infrared and Optical Masers) stipulant la possibilité de réaliser un maser dans le domaine de la lumière visible à l’aide de vapeurs alcalines, autrement dit de réaliser un laser à gaz, la course à la réalisation du premier laser est lancée. D’énormes budgets, en particulier du Pentagone et des grands centres de recherche (Bell Labs, RCA Labs, IBM, Siemens, etc.) sont investis pour mettre au point ce dispositif révolutionnaire. C’est dans ce contexte très concurrentiel que Theodore Maiman démarre ses travaux au sein des laboratoires HRL. Isolé et disposant de moyens très réduits par rapport à ses confrères des grands laboratoires de recherche, il ne suit pas les conseils des deux physiciens ni de ses confrères qui ont écarté la possibilité de réaliser un laser à solide, et opte pour l’utilisation d’un rubis comme milieu actif. Le 16 mai 1960, Theodore Maiman parvient à faire fonctionner le premier laser de l’histoire.
Mais alors que sa découverte aurait dû lui ouvrir les chemins de la gloire, il rencontre d’énormes difficultés à faire reconnaître et breveter son invention. Le prestigieux journal américain Physical Review Letters refuse de publier sa découverte, qui le sera finalement par la non moins prestigieuse revue britannique Nature en août 1960 sous le titre Stimulated Optical Radiation in Ruby. En fait, dès la présentation de son laser lors d’une conférence de presse, un journaliste lui reproche l’application militaire de son invention transformée en « rayon de la mort ». Cette image de science-fiction sera rapidement dépassée par les réelles applications médicales et industrielles des lasers.