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Ire Internationale |
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Naissance et organisation |
Les actions des trade unions britanniques (attachés à la solidarité internationale des travailleurs, car ils redoutaient que des ouvriers du continent ne viennent briser leurs grèves à l’appel du patronat), plus que celles de Karl Marx, qui vivait alors à Londres, permettent en 1864 la constitution, au meeting de St. Martin’s Hall, de la première Association internationale des travailleurs.
L’organisation regroupe des adhérents individuels, des formations politiques, des syndicats et groupements parasyndicaux, des coopératives et même des mouvements nationalistes. Elle réunit des Britanniques, des Allemands, des Français, des Italiens, des Suisses, des Espagnols, soit environ 100 000 personnes en 1870. Dirigée par un Conseil général siégeant à Londres, qui convoque des congrès annuels, elle est représentée dans chaque pays par un bureau national. L’information circule entre les différentes sections. L’AIT a pour mission de rédiger des déclarations sur des problèmes politiques précis et de soutenir financièrement les grèves.
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Dissensions et limites de la Ire Internationale |
Au congrès de Bruxelles, en 1868, une majorité marxiste se dégage (collectivisation des chemins de fer, des mines et carrières, nationalisation du sol). Dès le début, cependant, les disciples de Pierre Joseph Proudhon et les anarchistes partisans de Mikhaïl Bakounine s’opposent au modèle de Marx d’un État centralisé dominé par les travailleurs. Bakounine provoque une crise dans l’organisation en dénonçant les manières despotiques de Marx et en proposant la création d’une « Internationale anti-autoritaire ». Les dissensions portent également sur le conflit franco-allemand. Le congrès de Bruxelles avait pris une position ferme contre la guerre ; l’Internationale, en revanche, soutient l’Allemagne comme pays agressé en juillet 1870. La section jurassienne derrière Bakounine manifeste son choix pour la République française (septembre 1870). En définitive, Marx l’emporte au congrès de La Haye en 1872 : les anarchistes de Bakounine sont alors exclus de l’Internationale. À la suite de la scission entre marxistes et anarchistes, il est décidé de transférer le Conseil général aux États-Unis. En fait, ébranlée par cette scission et dépourvue de base solide dans la classe ouvrière, l’Internationale ne peut entreprendre aucune action décisive. Elle est formellement dissoute en 1876 à Philadelphie. Bien qu’elle ait inquiété les cercles politiques de droite en Europe, elle n’a jamais compté plus de 25 000 membres. Il s’agissait désormais de mettre sur pied une nouvelle organisation fondée sur une conception plus centralisatrice et plus homogène de l’internationalisme.
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