| cubisme | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | Le cubisme synthétique |
Bien qu'ils aient frôlé l'abstraction la plus complète, Braque et Picasso éprouvèrent le besoin de retrouver un lien avec la réalité. À la phase destructive du cubisme analytique succéda une période constructive, dite synthétique. En 1912, Braque créa les « sculptures-constructions cubistes », qui amenèrent très vite les deux artistes à la réalisation de leurs premiers papiers collés : Picasso incorporant dans sa Nature morte à la chaise cannée (1912, musée Picasso, Paris) un véritable morceau de toile cirée ; Braque collant dans son Compotier et verre (collection particulière) des fragments de papier faux-bois, puis du papier journal dans les œuvres suivantes.
Ces fragments de réalité fonctionnent tour à tour littéralement, comme des trompe-l'œil, ou allusivement, comme des métaphores ou des métonymies des objets ainsi désignés. Formes et surfaces eux-mêmes, ils obligent Braque et Picasso à simplifier leur cubisme : les plans, moins nombreux mais plus amples, s'imbriquent dans des structures plus lisibles, plus aérées, dans lesquelles la couleur est désormais réintroduite, et devient indépendante de la forme : Braque disait que « le papier collé affranchit la couleur du modelé ».