cubisme
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cubisme
4. Expansion et influence du cubisme

En 1912, le cubisme était déjà un style, qui s'était propagé en France chez de nombreux peintres. André Lhote (Rugby, 1917, Musée national d'Art moderne, Paris), Henri Le Fauconnier (l'Abondance, 1910, Gemeente Museum, La Haye), Roger de La Fresnaye (le Cuirassier, 1910, Musée national d'Art moderne), Juan Gris (Guitare et fleurs, Museum of Modern Art), Albert Gleizes (Femme au phlox, 1910, musée de Houston) et Jean Metzinger (le Goûter, 1911, Museum of Art, Philadelphie) s'en firent les théoriciens dans Du cubisme, publié en 1912.

Fernand Léger (Nu dans la forêt, Kröller-Müller Museum, Otterlo), qui introduisit dans le cubisme les trois couleurs primaires (le rouge, le bleu et le jaune), Francis Picabia (Je vois en souvenir ma chère Udnie, 1914, Museum of Modern Art), Robert Delaunay (Tour Eiffel, Kunstmuseum, Bâle ; Ville de Paris, 1910-1912, Centre Georges-Pompidou, Paris) et sa femme Sonia Delaunay tentèrent avec succès un cubisme coloré qu'Apollinaire baptisa « orphisme » (les Peintres cubistes, 1913) — et qui constitue sans doute la contribution la plus originale à ce courant initié par Braque et Picasso.

À partir de 1912, les futuristes italiens furent également redevables de nombreux procédés empruntés à la peinture cubiste, qui trouvèrent aussi leur application chez certains expressionnistes allemands (Franz Marc, Lyonel Feininger, etc.) et chez les futuristes russes (Kazimir Malevitch, Lioubov Popova, etc.). Ces derniers en firent même les prémices d'un art entièrement abstrait. C'est également à partir du cubisme, qu'il pratiqua à Paris entre 1912 et 1914, que Piet Mondrian élabora son propre langage non figuratif.

De son côté, pendant l'hiver 1912-1913, Picasso était passé du collage à l'assemblage de matériaux divers dans l'espace : il inventa ainsi une nouvelle forme de sculpture, une sculpture « construite », caractérisée par l'importance nouvelle donnée à la texture et à la couleur des matériaux originels, ainsi qu'à l'espace et au vide. Ces découvertes trouvèrent un prolongement dans les « sculpto-peintures » d'Archipenko, dans les assemblages d'Henri Laurens, ou encore dans la statuaire, certes plus traditionnelle, de Jacques Lipchitz (Homme à la guitare, 1915, Museum of Modern Art). L'exemple des constructions de Picasso fut également capital pour les Russes Naum Gabo et Anton Pevsner. Vladimir Tatline, après une visite à l'atelier de Picasso en 1914, élabora ses propres reliefs et « contre-reliefs » abstraits, qui marquèrent les origines du constructivisme en Russie.

Le cubisme trouva également des partisans en Europe centrale, notamment en Tchécoslovaquie, où naquit une architecture cubiste, unique en son genre.

Après la Première Guerre mondiale, le cubisme ne vit plus se développer que quelques manifestations très abâtardies. Depuis 1912 déjà était apparue la Section d'or qui, autour des frères Duchamp (Jacques Villon, Raymond Duchamp-Villon et Marcel Duchamp), mettait à l'honneur l'aspect mathématique de la création. Delaunay, de son côté, s'orienta vers une peinture dite inobjective.