| rime | Format lecture | ||||
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| 2. | La rime et le rythme |
Versifier, mettre en vers, se dit rimer en ancien français. Cette confusion du rythme et de la rime est explicable car la rime est le moyen de structuration le plus spécifique du texte poétique.
Elle marque la fin du vers et distingue celle-ci de la césure, qui, elle, n'est pas rimée. C'est grâce à la rime, par exemple, qu'une suite d'alexandrins ne s'entend pas comme une suite de vers de six syllabes.
Fondamentalement, la rime est faite pour l'oreille : les rimes « pour l'œil » ne sont que des conséquences de l'évolution de la langue ou des archaïsmes voulus : hélas ! et suivre mes pas (à la fin de Bérénice, de Racine) n'est pas une rime pour l'oreille.
Mais la rime est aussi un élément structurant de la strophe. Dans les chansons de geste du Moyen Âge, il n'y avait pas de rime pour structurer le texte, mais seulement assonance, c'est-à-dire répétition de la même voyelle. C'est donc le retour d'une voyelle seule en fin de vers qui en marquait la fin. Une série de vers s'achevant de la sorte par la même voyelle appartenait à une même séquence : longe, répondre, encontre.
Contrairement à l'assonance, dans laquelle seules les voyelles doivent être identiques, la rime exige au minimum la reprise de la voyelle et de sa suite consonantique (montre, rencontre). Mais ce qui caractérise la rime par rapport à l'assonance, ce sont plus encore les possibilités de combinaison qu'elle offre : on peut combiner plusieurs couples de rimes, un premier son en appelant un autre dans l'un des vers suivants. C'est en cela que la rime est dynamique : « sommation du silence, elle appelle, elle provoque » (Claudel).
Les rimes, par leur arrangement, permettent l'organisation de la strophe. La formule rimée minimale est le couplet de deux rimes, c'est-à-dire le quatrain. Ce dernier peut présenter diverses figures de rimes : rimes suivies ou plates (aabb), rimes croisées (abab) ou rimes embrassées (abba).
On oppose les rimes masculines à finale vocalique sonore (vaisseau / eau) et les rimes féminines, qui finissent par un e muet élidé (non prononcé) (allonge / plonge). La versification régulière (entre le XIVe et le XVIe siècle) s'est fait une règle de l'alternance des rimes masculines et féminines : un quatrain aux rimes croisées peut alors se réaliser en MFFM ou FMMF. La disposition des rimes entre enfin dans les règles de composition des formes fixes (le sonnet par exemple).