| alexandrin | Format lecture | ||||
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| 2. | Historique |
L'alexandrin apparut vers 1130-1140 dans des chansons de croisade françaises et provençales. À la fin du XIIe siècle, il fut utilisé dans le Roman d'Alexandre : c'est de là que lui vient son nom. Le terme d'alexandrin est attesté dès le XVe siècle dans divers traités rhétoriques.
Au Moyen Âge cependant, l'alexandrin n'était guère utilisé : il était principalement réservé à l'hagiographie et à la poésie morale, car la chanson de geste utilisait, elle, le décasyllabe.
C'est seulement en 1550 qu'il fut désigné à la place du décasyllabe comme « vers héroïque », c'est-à-dire comme un vers équivalent à l'hexamètre dactylique des grandes épopées antiques. Au XVIe siècle, les théoriciens le considéraient comme un vers adapté uniquement à des sujets graves mais aussi comme un vers facile, proche de la prose. Cependant, même si Ronsard fit le choix traditionnel du décasyllabe pour composer son épopée, la Franciade, la théorie était quelque peu en retard sur la pratique : l'alexandrin était déjà utilisé dans les registres les plus divers, au point de devenir progressivement le mètre le plus employé.
Au XVIIe siècle, Malherbe détermina la structure de l'alexandrin et codifia son usage ; il lui donna ainsi son allure « symétrique et carrée de mélodie » admirée par Baudelaire. Ample et équilibré, l'alexandrin devint le mètre de la tragédie et de la grande comédie de l'époque classique.
À partir de l'époque romantique, les poètes firent différentes tentatives pour renouveler son rythme : Hugo, par exemple, fit scandale en composant des alexandrins au rythme ternaire (la structure traditionnelle de l'alexandrin étant binaire, avec deux parties, ou hémistiches, séparée par une pause, ou césure). Ces remises en cause n'empêchèrent nullement l'alexandrin de devenir le vers français par excellence, « joyau définitif » et « cadence nationale » pour reprendre les mots de Mallarmé. La révolution poétique du vers libre ne signa pas non plus sa disparition. Il resta présent, à tel point qu'on le retrouve comme matrice du verset, mètre moderne utilisé par Claudel ou Saint-John Perse.