Jacobins
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Jacobins
2. Du club breton au club des Jacobins

Le 30 avril 1789 à Versailles, quatre députés du tiers état de Bretagne — Le Chapelier, Lanjuinais, Coroller et Defermon — forment un « club breton » pour préparer la réunion des États généraux. De nombreux patriotes d'autres provinces les rejoignent bientôt, tels Jean Joseph Mounier, Maximilien de Robespierre, le comte de Mirabeau, l’abbé Sieyès, Antoine Barnave, Jérôme Pétion de Villeneuve, etc.

Lorsque l'Assemblée nationale constituante s’installe à Paris (octobre 1789), le club — qui prend le nom de « Société des amis de la Constitution » — emménage rue Saint-Honoré, dans le réfectoire d'un ancien couvent jacobin (dominicain) ; d’où le surnom qu’il reçoit bientôt, « le club des Jacobins ».

Ne comptant à ses débuts que des députés (siégeant plutôt à la gauche de l’hémicycle), le club des Jacobins réunit toute la palette des tendances et des idées progressistes, du comte de Mirabeau (patriote modéré cherchant à concilier principes révolutionnaires et monarchie constitutionnelle) à Robespierre le radical, « l’Incorruptible ». Un triumvir composé d’Antoine Barnave, d’Alexandre Lameth et d’Adrien Duport préside le club avant que Robespierre ne soit nommé à la présidence de la société, le 31 mars 1790.

Bien que ne disposant que d’environ 3 000 membres à Paris, le club diffuse largement ses idées grâce notamment au relais des centaines puis des milliers de sociétés réparties sur tout le territoire français (selon une enquête récente, 5 332 sociétés représentant quelque 500 000 à 600 000 Jacobins au plus fort du jacobinisme, durant l’an II). Sa force politique provient de la remarquable organisation de ces clubs associés, sources d'informations et moyens de diffusion de la propagande, ainsi que de l'aura de ses dirigeants nationaux.