Jacobins
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Jacobins
3. Luttes d’influences et radicalisation du club
1. Le temps des scissions : Jacobins, Feuillants et « brissotins »

Favorable à une monarchie constitutionnelle, le club évolue après la tentative de fuite de Louis XVI hors de France et son arrestation à Varennes (20-21 juin 1791) et la fusillade du Champ-de-Mars (17 juillet 1791). La majorité modérée et la plupart des notables (Duport, Barnave, Lameth et La Fayette) fondent le club des Feuillants. Menée par Robespierre, Pétion de Villeneuve, l’abbé Grégoire, Prieur de La Marne et quelques autres, la minorité conserve l’appellation de « Jacobins ». C’est elle qui garde également le contrôle de la plupart des sociétés affiliées en province.

Les dirigeants jacobins renforcent le caractère démocratique du club en ouvrant ses tribunes aux citoyens passifs (qui ne votent pas). Ce club des Jacobins restructuré est pourtant encore divisé entre une faction favorable à la guerre contre les monarchies étrangères — menée par Brissot de Warville (et les futurs Girondins) — et une autre hostile à l'aventure extérieure avant d’avoir assis la Révolution en France — représentée par Robespierre et ses suivants (les futurs Montagnards).

Les décisions du ministère jacobin constitué le 15 mars 1792, notamment la déclaration de guerre à l’Autriche et à la Prusse le 20 avril, donnent un premier avantage aux « brissotins ». Mais le renversement de la monarchie lors de la journée du 10 août 1792, puis l’ouverture de la Convention nationale qui inaugure la Ire République (21-22 septembre), marquent la victoire du camp de Robespierre. D’ailleurs, après les massacres de septembre (2-6 septembre), la plupart des Girondins quittent le club. Avec pour devise « Vivre libre ou mourir », le club des Jacobins prend le nom de « Société des amis de la Liberté et de l'Égalité », renforce sa structure nationale et ouvre davantage ses rangs aux sans-culottes et aux femmes, pourvu qu'ils soient de « vrais patriotes ».

2. Le règne de Robespierre

Parvenus à leur apogée au sein de la Convention nationale, en juin 1793, les Jacobins s'affirment comme l'âme du gouvernement montagnard. Aucune action importante n'est initiée par l'Assemblée sans que le sujet n’ait été au préalable débattu dans les réunions jacobines. Avec le soutien du Comité de salut public dont il est membre, le chef jacobin Robespierre radicalise la politique montagnarde en pourchassant tous ceux qu’il imagine être des ennemis de la Révolution et de la République ; il initie ainsi la période de la Terreur.

Soumis lui-même à une sévère épuration de tous les « suspects », le Comité de salut public est l'organe de réflexion et le relais du pouvoir avec le peuple français pendant cette période. Dérivant vers le fanatisme, les Jacobins — et Robespierre en tête — se coupent progressivement de leur soutien populaire en menant des milliers d'opposants à la guillotine.