| Convention nationale | Format lecture | ||||
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| 2. | Une Assemblée née de la chute de la monarchie |
Le 10 août 1792, les députés de la Législative, confrontés à la prise des Tuileries par le peuple parisien insurgé, recueillent le roi Louis XVI réfugié à l’Assemblée, entérinent sa déchéance et promettent la réunion d’une Convention nationale destinée à donner à la France une nouvelle constitution. Le principe fondamental du suffrage universel masculin est immédiatement adopté.
Les élections ont lieu les 26 août et 2 septembre 1792, dans le contexte infiniment troublé des « massacres » dans les prisons (à Paris, 1 100 à 1 400 détenus sont exécutés après un jugement sommaire). La participation électorale est extrêmement faible, à peu près 10 p. 100 du corps électoral, soit 700 000 votants. Le scrutin a lieu à deux degrés : les assemblées électorales issues du suffrage des assemblées primaires choisissent à haute voix les députés, les uns après les autres, sur la liste des candidats du département à la majorité relative.
La Convention comprend 749 députés, pour la plupart issus des élites cultivées de la nation : gens de justice (Maximilien de Robespierre, Pierre Vergniaud), gens de lettres (Camille Desmoulins, Jean-Louis Carra), gens de la finance ou du négoce (Joseph Cambon), savants ou médecins (Jean-Paul Marat), quelques nobles (Philippe d’Orléans, dit Philippe Égalité) et une cinquantaine d’ecclésiastiques (dont l’abbé Grégoire). Les députés, qui se répartissent dans l’Assemblée par affinité politique, se relaient successivement le pouvoir : quelque 250 Girondins, libéraux modérés se rassemblant derrière Brissot de Warville, s’imposent dès l’ouverture des débats ; une minorité de Montagnards, patriotes radicaux qui assujettissent progressivement les membres de l’hémicycle et détrônent les Girondins en mai-juin 1793 (Georges Danton, Maximilien de Robespierre et Jean-Paul Marat en sont les têtes de file) ; enfin, environ 400 modérés constituant la Plaine (ou Marais), faction d’indécis oscillant entre Gironde et Montagne, s’imposent à leur tour avec la réaction thermidorienne.