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| 3. | Convention girondine (21 septembre 1792-31 mai 1793) |
Au cours de la première période de la Convention nationale, dite Convention girondine, l’Assemblée est sous l’influence des « brissotins » ou Girondins, révolutionnaires modérés opposés à la centralisation parisienne du pouvoir. Dès sa première réunion, le 21 septembre 1792, la Convention abolit la monarchie et décide le lendemain de dater ses décrets de l’an I de la République ; ainsi est créée la Ire République française. En décembre s’ouvre le procès du roi Louis XVI qui est condamné à mort pour trahison le 20 janvier 1793 et exécuté le lendemain. Sous l’influence des Montagnards de Robespierre, la Convention institue le Tribunal révolutionnaire (10 mars) et le Comité de salut public (6 avril) bientôt revêtu de pouvoirs dictatoriaux. Confrontée aux difficultés économiques et financières, elle instaure le cours forcé de l’assignat (11 avril) et vote la loi du maximum sur le prix du grain (4 mai).
Cette activité intense est menée dans un contexte politique et militaire extrêmement troublé. Sur le plan militaire, après les victoires de Valmy (20 septembre 1792) et de Jemmapes (6 novembre), les armées françaises peuvent durant l’hiver desserrer l’étau des armées coalisées et le général Dumouriez porte la contre-offensive jusqu’aux Pays-Bas autrichiens. La Savoie accueille le général Montesquiou en libérateur. Mais le printemps 1793 est catastrophique : vaincue à Neerwinden (18 mars), l’armée française doit se replier et, en Vendée, une insurrection éclate en mars 1793 contre le gouvernement révolutionnaire (voir guerre de Vendée).
Sur le plan politique, la Gironde est très rapidement confrontée à l’hostilité non seulement des révolutionnaires jacobins, très présents sur les bancs de la Montagne, mais également à celle des sections parisiennes de la Commune et à celle d’une partie croissante de la Plaine — Lazare Carnot se rapproche ainsi des Montagnards dans l’hiver 1792. À plusieurs reprises, les Girondins sont mis en cause soit pour leur excessif modérantisme — ils auraient souhaité ne pas exécuter le roi — soit pour trahison avérée — le général Dumouriez passe à l’ennemi en avril 1793. Fédéralistes, ils ont affirmé dès septembre 1792 vouloir « réduire Paris à 1/83 d’influence » : l’hostilité des Parisiens, entretenue par une presse jacobine déchaînée, leur est fatale. Les 31 mai-2 juin 1793, la Garde nationale parisienne fait pression sur la Convention qu’elle encercle de canons, et obtient la proscription de la plupart des dirigeants girondins (voir journées des 12 et 14 prairial an I).