Convention nationale
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Convention nationale
4. Convention montagnarde (2 juin 1793-27 juillet 1794)

En réponse à la menace extérieure ainsi qu’aux mouvements contre-révolutionnaires et à ceux des fédéralistes girondins, la Convention passée sous l’influence des Montagnards — d’où son nom de Convention montagnarde — adopte le 24 juin 1793 une nouvelle Constitution faisant une large place à la démocratie directe, ainsi qu’une deuxième Déclaration des droits de l’homme. Provisoirement reportée jusqu’à la paix, elle n’a jamais été appliquée. Parallèlement, sous l’influence des plus radicaux, elle institue le régime de la Terreur (5 septembre 1793) et vote la loi des suspects (17 septembre), sous l’autorité du Comité de salut public dominé par Maximilien de Robespierre depuis le mois de juillet. Immédiatement, la Terreur s’abat sur des personnages de premières importances : la reine Marie-Antoinette, les Girondins proscrits et le prince de sang Philippe Égalité. En octobre 1793 est adopté le calendrier républicain.

Pendant l’année où ils sont au pouvoir, les Montagnards doivent mener de constants combats à la fois sur les fronts de la guerre à l’extérieur et à l’intérieur et sur le front des luttes sociales et politiques.

Sur le plan militaire, le Comité de salut public — dont les membres sont chaque mois renouvelés par la Convention — confie pour l’essentiel les choix stratégiques à Lazare Carnot, qui devient pour la postérité l’« organisateur de la victoire ». En effet, des victoires comme celle de Fleurus (26 juin 1794) permettent aux soldats de l’an II de vaincre les puissances coalisées de l’Europe et de porter la guerre jusqu’en Allemagne et en Hollande.

Sur le plan politique, la Convention montagnarde, au sein de laquelle une minorité radicale domine l’ensemble des députés de la Plaine, doit combiner les exigences de la défense de la patrie avec la transformation à la fois économique, politique et sociale du pays. Selon les comités dirigeants — Comité de salut public, Comité de sûreté général —, la révolution doit être totale ; la chasse aux suspects, aspect le plus dramatique de la Terreur, associe la peur du complot intérieur et le désir de régénérer la société en l’épurant. Les excès de la Terreur (élimination systématique des adversaires de Robespierre : « dantonistes » ou « indulgents », « hébertistes », « enragés ») ainsi que des mesures économiques très dirigistes (lois sur l’accaparement, sur le maximum général et sur l’emprunt forcé) qui menacent le libéralisme auquel la majeure partie des députés est attachée, et un anticléricalisme exacerbé (institution du culte de la Raison, du culte de l’Être suprême), amènent ces derniers à organiser la mise en accusation de Maximilien de Robespierre et des membres du Comité de salut public devant la Convention : les 9 et 10 thermidor an II (27-28 juillet 1794), plus de cent responsables jacobins sont condamnés à mort et exécutés.