Gorbatchev, Mikhaïl Sergueïevitch
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Gorbatchev, Mikhaïl Sergueïevitch
3. L’homme de la transition
1. Glasnost et perestroïka

Conscient de ces faiblesses, Gorbatchev tente de réformer la société soviétique en lançant un programme connu sous le nom de perestroïka, (« restructuration ») pour les aspects économiques et de glasnost (« transparence ») pour les affaires politiques et culturelles. Ses multiples initiatives rompent avec plus de cinquante années de régime arbitraire et monopolistique.

Dès 1987, il permet le retour à la liberté de la presse, un an après avoir entrepris la réhabilitation des dissidents et des victimes des purges staliniennes.

En 1986-1987, il amorce une réforme économique qui passe par la reconnaissance du rôle du marché et de la propriété privée. Sur le plan politique, il met fin au régime du parti unique (1988), ce qui libéralise le jeu politique. Il fait voter une nouvelle loi électorale (1989) — en mars se déroulent les premières élections libres depuis 1917, pour la désignation du Congrès des députés du peuple. Sur le plan social, il lance un ambitieux programme de lutte contre l'alcoolisme dès sa prise de fonction (mai 1985), sans grand succès toutefois.

L’ensemble de cette politique lui vaut une popularité certaine, mais aussi de vives critiques et résistances. Néanmoins, après la réforme constitutionnelle de mars 1990, il devient président de l’URSS et transfère le pouvoir du PCUS aux assemblées législatives élues dans les républiques de l’URSS.

2. Le chef d’orchestre de la détente

La popularité de Gorbatchev est toutefois plus internationale que nationale. Il est l’homme qui enterre la guerre froide. À cet effet, il favorise le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan (1989) ; normalise les relations avec la Chine en mai 1989 ; signe un ensemble d'accords sur le contrôle des armes avec Ronald Reagan et George Bush (1985-1991) ; agit en faveur du règlement de conflits dans lesquels l’URSS a partie liée (Angola, Cambodge, Éthiopie, Nicaragua) ; enfin, en 1991, il participe aux côtés des États-Unis et de l’Europe à la guerre du Golfe, contre un allié de longue date : l’Irak.

Parallèlement, sa gestion politique fait des émules parmi les démocraties populaires. L’action de « Gorby » et son soutien aux mouvements d’opposition jouent un rôle clef dans les révolutions démocratiques de 1989, qui libèrent le « bloc de l’Est » de la domination soviétique. Dans la même logique, il facilite la dissolution des emblèmes de l’impérialisme soviétique : pacte de Varsovie (25 février 1991) et Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM) (28 juin 1991).

Dès octobre 1990, Gorbatchev est récompensé par un prix Nobel de la paix décerné pour l’ensemble de son action internationale.

3. Gorbatchev face à la crise intérieure

En 1990 cependant, l'économie soviétique s’affaiblit toujours, et aucun résultat probant ne ressort de la perestroïka. Gorbatchev doit faire face à de fortes pressions politiques. Les communistes intransigeants vivent mal l’idée d’avoir perdu le monopole sur l’Union soviétique. Les champions de l'économie de marché réclament des réformes plus radicales. Les nationalistes exigent l'indépendance de leurs républiques.

En novembre 1990, Gorbatchev, dont la cote de popularité s’effondre (il est hué lors du défilé de la Place rouge, le 1er mai), tente de renforcer son pouvoir exécutif et de lancer de nouvelles réformes. Mais il se heurte à la gravité des crises que traverse l’URSS, ce qui lui coûte sa présidence. Boris Eltsine est, en effet, élu au suffrage universel le 12 juin 1991 à la présidence de la Russie. Puis, le 19 août 1991 au soir, un communiqué de l’agence TASS annonce qu’« incapable d’assumer ses fonctions pour des raisons de santé », Gorbatchev est remplacé par G. Ianaev. En fait, Gorbatchev vient d’être victime d’un putsch fomenté par des communistes irréductibles et des officiers de haut rang. Il est alors placé en résidence surveillée.

Menés par Eltsine, les réformateurs réussissent à maîtriser le coup d’État et commencent à démanteler l’appareil du parti. Gorbatchev revient aux affaires et démissionne du secrétariat général du PCUS. En tant que président du gouvernement de transition du 5 septembre, il suspend les activités du PCUS, désigne des responsables pour réformer l'armée et le KGB, accepte le retrait d’URSS de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie, où la protestation nationaliste est devenue impossible à gérer.

Impuissant devant la montée de la contestation sociale et politique, trop attaché au sauvetage de l'URSS et à la réforme interne du socialisme, Gorbatchev ne survit pas à l'éclatement de l’Union et à la naissance de la Communauté des États indépendants (CEI) prononcés le 26 décembre 1991, au lendemain de sa démission de la présidence de l’URSS.