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| 4. | Capital et croissance |
À l’inverse, le capital, présenté jusqu’ici comme ce qui est possédé ou comme ce qui permet de produire, peut s’appréhender comme ce qui permet d’acquérir. Le capital représente donc non plus l’actif d’un bilan, mais le passif, c’est-à-dire l’ensemble des ressources financières qui permettent l’activité de l’entreprise. Le capital se confond ici avec la notion de liquidité. On établit alors une distinction entre capitaux à long terme et capitaux à court terme en fonction de leur capacité à se transformer, plus ou moins rapidement, en moyens de paiement. Dans une optique identique, le capital s’apparente également à un bien qui a pour qualité de pouvoir engendrer un revenu. L’intérêt qui rémunère le prêt d’argent, ou encore le dividende reçu par l’actionnaire, s’analysent tous deux comme le produit du capital. On peut alors en dégager deux caractéristiques : le capital est susceptible d’accumulation, celle-ci permettant son accroissement. Ces deux dernières notions sont utilisées afin d’expliquer la croissance de l’entreprise, et plus généralement celle d’une nation.
Les économistes établissent une relation de causalité entre capital et croissance. C’est l’accumulation du capital qui permet la production, et l’augmentation de celle-ci qui engendre la croissance. Dès lors, si l’on raisonne sur le cas d’une entreprise, le bilan ne constitue qu’une évaluation de la valeur du capital. C’est la progression de cette valorisation qui permet d’apprécier la croissance. Elle résulte de la modification de la composition du capital. L’activité de l’entreprise consiste à transformer un bien physique en bien monétaire (c’est le résultat de la vente mesuré par le chiffre d’affaires) ou, à l’inverse, à mobiliser des ressources financières afin d’acquérir des biens physiques qui permettront de produire davantage. Ce supplément de production permet de vendre davantage : c’est le cycle de croissance.
Plus récemment, la notion de capital a été étendue à des éléments immatériels qui, jusque-là, n’entraient pas dans sa composition. L’économiste américain Gary Becker a ainsi développé, dans les années soixante, la théorie dite du capital humain. Elle désigne l’ensemble des facultés qu’un individu peut mobiliser pour s’assurer des revenus monétaires futurs (ses connaissances et ses aptitudes professionnelles, par exemple). Grâce à cette notion, il est devenu courant de considérer les salariés comme un des éléments du capital de l’entreprise. Nombreuses sont les sociétés qui, aujourd’hui, mènent des politiques de formation en faveur de leur personnel, dans le but de renforcer leurs compétences et de les rendre compatibles avec les nécessités techniques qui sont les leurs. La valorisation de ce savoir peut s’analyser de la même manière que l’évolution d’un élément de capital physique ou financier.