| Format recherche | Toulouse | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Toulouse, ville du sud de la France, chef-lieu du département de la Haute-Garonne et de la région Midi-Pyrénées, située sur la Garonne et le canal du Midi.
La commune de Toulouse est la quatrième ville de France. La cité s'affirme comme un des grands pôles universitaire, commercial et industriel du sud de la France. L'agglomération toulousaine, la sixième de France, concentre le quart de la population de la région Midi-Pyrénées, dont elle polarise l'essentiel de la croissance démographique et économique. Le contraste est grand entre le dynamisme de Toulouse et le marasme démographique de sa région, restée la plus rurale de France et victime d'un dépeuplement chronique.
| 2. | Économie |
Toulouse a bénéficié depuis la Première Guerre mondiale des politiques de décentralisation industrielle. Elle est aujourd'hui le premier pôle français de l'industrie aéronautique et spatiale. Ce puissant secteur aérospatial, le premier en Europe, emploie près de 20 000 personnes, soit 50 p. 100 de l'emploi industriel de l'agglomération. Il se concentre à l'ouest de la ville (Blagnac, Saint-Martin-du-Touch, Colomiers). De grandes sociétés nationales se sont implantées à Toulouse : Aérospatiale, Airbus-Industrie, Centre national d'études spatiales (CNES), Matra, Thomson-CSF, Alcatel, Dassault. On leur doit des réalisations mondialement connues : avions Caravelle, Concorde, Airbus ; fusées Ariane. Toutefois, cette spécialisation constitue aussi la faiblesse de l'industrie toulousaine. Malgré ses belles performances, celle-ci subit de plein fouet la crise mondiale de l'aéronautique et la réduction des programmes militaires français. Une nécessaire diversification industrielle s'est réalisée. Elle a bénéficié d'une étroite alliance entre les universités, les laboratoires publics et les entreprises. Elle concerne essentiellement le domaine de la haute technologie : l'informatique, l'automatisme, l'électronique (radars, missiles, satellites, télédétection) et surtout les biotechniques (chimie, médecine, pharmacologie). Toulouse constitue, avec ses 11 000 chercheurs, l'un des grands pôles d'innovation et de recherche-développement de l'espace économique français. Parmi les grandes universités figurent l'université du Mirail, l'université scientifique de Rangueil et l'Institut polytechnique.
| 3. | Paysage urbain |
Située au débouché de la route naturelle qui relie, par le seuil de Naurouze, les pays méditerranéens au bassin de l'Aquitaine, Toulouse a des origines très anciennes. À l'époque romaine, une cité est bâtie sur l'emplacement de l'actuel quartier de la Daurade. La vieille ville médiévale se développe à l'intérieur des remparts du XIVe siècle, essentiellement sur la rive droite de la Garonne. Après le percement du canal du Midi, au XVIIe siècle, sont aménagés dans la périphérie les quartiers compris entre le canal et les anciennes fortifications, transformées en boulevards. La vieille ville est l'objet aux XVIIIe et XIXe siècles de grands aménagements : construction du Capitole, percements de longues artères transversales (rue d'Alsace-Lorraine, rue de Metz). Suite à la croissance urbaine et industrielle, la ville se développe de nouveau vers la périphérie, au-delà de la ceinture constituée par les canaux, le long des axes routiers et de la vallée de l'Hers (banlieues, grands ensembles résidentiels).
Surnommée la « Ville rose », Toulouse est riche en monuments d'art, la plupart édifiés en briques roses. Les principaux sont la basilique romane Saint-Sernin, ancienne abbatiale bénédictine (XIe siècle), contenant la sépulture de saint Thomas d'Aquin ; la cathédrale gothique Saint-Étienne (XIIe-XIIIe siècles) ; l'église gothique des Jacobins, à deux nefs (XIIIe-XIVe siècles) ; l'église Notre-Dame-de-la-Dalbade (rebâtie au XVIe siècle) et son portail Renaissance ; l'église Notre-Dame-du-Taur (XIVe siècle) et son clocher-arcade. Entre le Capitole (XVIIIe siècle), aujourd'hui l'hôtel de ville, et la Garonne subsistent des vieux quartiers dotés de nombreux hôtels particuliers datant de la Renaissance (hôtels d'Assézat, du Bernuy, du Vieux-Raisin, de Felzins). Toulouse possède un très beau musée (sculptures médiévales, peintures) installé dans l'ancien couvent des Augustins (XIVe siècle).
| 4. | Histoire |
Fondée au IVe ou au IIIe siècle av. J.-C., Toulouse est le principal centre des Volces Tectosages. Conquise par les Romains à la fin du IIe siècle av. J.-C., elle fait partie de la Narbonnaise, une des quatre provinces de la Gaule romaine constituées en 27 av. J.-C. par Auguste. Le christianisme est introduit vers 250 apr. J.-C. par saint Sernin. Capitale du royaume wisigothique à partir de 419, elle est conquise en 507 par Clovis Ier, roi des Francs. Les Arabes l'assiégent vainement en 721. À l'époque carolingienne, Toulouse devient la capitale du royaume d'Aquitaine (781-877). En 849 est fondé le comté de Toulouse. Les comtes de Toulouse prennent le titre de ducs d'Aquitaine en 936 et incarnent jusqu'au XIIIe siècle l'esprit d'indépendance de la civilisation occitane. Toulouse connaît tout au long du Moyen Âge un grand rayonnement intellectuel et religieux. La croisade contre les hérétiques albigeois met fin à la quasi-indépendance du comté de Toulouse. Elle aboutit à l'intervention des Français du Nord. Toulouse se révolte en 1217 et soutient un long siège en 1217-1218 contre Simon IV de Montfort, qui y trouve la mort. Après sa soumission, elle devient le centre méridional de l'Inquisition (XIIIe siècle). L'ordre des dominicains et l'université de Toulouse (1229) y sont fondés pour combattre l'hérésie. Le comté de Toulouse est intégré au domaine royal en 1271. La ville de Toulouse perd alors la plus grande partie de ses anciennes libertés municipales (gouvernement des capitouls). En 1323 est créée l'Académie des jeux floraux qui récompensait par des fleurs d'or et d'argent des joutes poétiques organisées annuellement.
Du milieu du XVe siècle au milieu du XVIe siècle, Toulouse connaît une intense activité économique grâce à l'exportation du pastel vers l'Espagne, l'Angleterre et les Pays-Bas. La ville est en outre un important marché agricole et industriel (textile, vêtements, chaussures). Les guerres de Religion et le déclin du pastel devant l'indigo, au XVIe siècle, mettent fin à cette ère de prospérité. Les protestants sont nombreux à s'installer à Toulouse pendant la Réforme. Mais la ville se rallie à la cause catholique pendant les guerres de Religion (fin XVIe siècle), et le parti protestant y est écrasé en 1562 ; quelque 4 000 huguenots protestants sont exécutés. Au XVIIe siècle, la construction du canal du Midi donne un nouvel essor à la vie économique.
La ville devient sous la IIIe République un des pôles du Parti radical, avec la Dépêche de Toulouse, quotidien politique des frères Sarrault. Jusqu'au XXe siècle, l'activité industrielle de la « Ville Rose » se limite à la production de biens de consommation (minoteries, confection, bonneterie). La grande industrie y est introduite par l'État pour des raisons stratégiques. Un premier pôle se met en place au sud de la ville, pendant et après la Première Guerre mondiale avec des industries chimiques (Société nationale des poudres et des explosifs, Office national industriel de l'Azote). L'industrie aéronautique naît en 1917 avec Latécoère. Elle se développe surtout après la Seconde Guerre mondiale (Breguet, Sud-Aviation). La croissance industrielle et économique s’accélère fortement à partir des années 1960 (Aerospatiale, CNES, Matra, Alcatel). En septembre 2001, l'explosion de l'usine AZF, appartenant au groupe TotalFinaElf, fait 30 morts et 2 500 blessés, et affecte durablement la ville.
Population (2005) : 435 000 habitants.