Philippe Égalité
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Philippe Égalité
2. Un libéral ambigu

Né à Saint-Cloud, Louis Philippe Joseph est le fils du duc Louis-Philippe d’Orléans et de Louise-Henriette de Bourbon-Conti. Duc de Montpensier à la naissance puis duc de Chartres à partir de 1752, le prince de sang est élevé à la cour royale par le comte de Pons-Saint-Maurice. Bientôt le duc, dans la lignée du courant orléaniste s’opposant à l’absolutisme royal, se lance dans la diffusion à travers le royaume de livres et de pamphlets en faveur des idées libérales. Mais le prince de sang, à la fortune colossale depuis son mariage avec la fille du duc de Penthièvre, demeure toutefois un défenseur distrait de l’esprit des Lumières, menant en parallèle une vie fastueuse et libertine.

Grand maître de la franc-maçonnerie (1773), affectant de penser comme les républicains d’Amérique et de vivre comme les membres des clubs londoniens, il s’élève contre les réformes de Maupeou — ce qui lui vaut une première disgrâce en 1771-1772. Détesté de la reine Marie-Antoinette qui lui refuse la charge de grand amiral, il entre dans la flotte du comte d’Orviliers et s’illustre au combat d’Ouessant (27 juillet 1778). Nommé colonel général des hussards à son retour (honneur ironique offert par la reine), le duc choisit de s’éloigner de la cour et part en voyage quelques temps. En novembre 1787, il fait parti des premiers opposants à l’enregistrement par le Parlement de Paris des édits fiscaux de Loménie de Brienne — d’où un nouvel exil de celui qui est devenu, à la mort de son père (1785), le duc d’Orléans.