| Philippe Égalité | Format lecture | ||||
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| 3. | Un prince de sang révolutionnaire |
| 1. | Les débuts révolutionnaires |
En 1788, lorsqu’il apprend la convocation d’états généraux pour mai 1789, le duc d’Orléans se fait le relais des feuilles de l’abbé Sieyès et du duc de Limon, pour le doublement des représentants du tiers état et pour le vote par tête. Élu aux États généraux comme représentant de la noblesse, le duc d’Orléans se place en tête des aristocrates qui rejoignent de leur propre chef le tiers état révolutionnaire, autoproclamé Assemblée nationale.
Influencé par un entourage « orléaniste » — le marquis de Sillery (époux de la préceptrice des enfants du duc), Choderlos de Laclos (secrétaire du duc) et la comtesse de Genlis (dame d’honneur de l’épouse du duc, sans doute également sa maîtresse) —, le prince de sang songe peut-être à s’installer sur le trône à la place de Louis XVI ou, du moins, à se faire nommer régent. Prudent cependant, il décline le 3 juillet 1789 la proposition qui lui est faite de présider l’Assemblée nationale. Soupçonné par Louis XVI d’avoir fomenté avec le comte de Mirabeau les événements qui ont abouti à la prise de la Bastille (14 juillet) et à l’installation forcée de la famille royale à Paris (5 et 6 octobre), il est éloigné de France pour une « mission » londonienne.
| 2. | Philippe Égalité |
Rentré à Paris en juillet 1790, le duc d’Orléans se fait huer par les courtisans lorsqu’il rend visite au roi. La rupture avec la famille royale achève de jeter le prince dans les rangs de la Révolution. Le discrédit du roi après sa fuite et son arrestation à Varennes (juin 1791) laisse espérer au duc une destinée personnelle bientôt souveraine. Il entre alors au club des Jacobins, côtoie Jean-Paul Marat, Maximilien de Robespierre et le Cordelier Georges Danton, et semble participer à la pétition du Champ-de-Mars qui réclame la déchéance du roi (17 juillet 1791).
À sa demande, la Commune de Paris prend, le 15 septembre 1792, l’arrêté suivant : « Louis Philippe Joseph et sa postérité porteront désormais le nom de famille Égalité. ». Quelques jours plus tard, Philippe Égalité est élu par la capitale à la Convention, et vient siéger sur les bancs de la Montagne. En janvier 1793 lors du procès du roi, il vote la mort sans sursis de son cousin, ce qui lui vaut la réprobation de tous : Robespierre aurait dit de lui qu’« il était le seul membre [de l’Assemblée] qui pût se récuser ».
Début avril 1793, la désertion de son fils, aide de camp du général Dumouriez passé à l’ennemi, rejaillit sur Philippe Égalité. Dès le 6 avril, la Convention ordonne son arrestation, et Philippe Égalité est incarcéré à Marseille. Innocenté par le tribunal des Bouches-du-Rhône, il est à nouveau décrété d’arrestation le 3 septembre. Déclaré coupable d’avoir aspiré à la royauté par le Tribunal révolutionnaire de Paris, Philippe Égalité est condamné à mort puis exécuté le 9 novembre 1793.