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Gabriel, Jacques Ange (1698-1782), architecte français, un des premiers à développer au XVIIIe siècle, les influences antiques qu'ont fait naître les fouilles d'Herculanum et de Pompéi. Il revivifia le vocabulaire architectural, par l'usage des colonnades et des tympans d'inspiration grecque.
Né à Paris dans une célèbre famille d'architectes, Gabriel succéda à son père comme premier architecte de Louis XV en 1742. Sans être novateur, il fut néanmoins considéré comme un grand maître, attentif à trouver un équilibre entre la tradition baroque et les nouvelles tendances qui annonçaient le néo-classicisme. Gabriel fit également œuvre d'urbaniste, animé par une profonde compréhension de l'échelle urbaine et de la monumentalité. La place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde, à Paris) reste, malgré les modifications ultérieures, une de ses réalisations les plus intéressantes. Espace octogonal ouvert, la place fut bordée d'un seul côté, opposé à la Seine, de constructions importantes. Les autres côtés comportaient des bâtiments bas et des fossés. Le percement de la rue Royale permit la liaison avec la nouvelle église de la Madeleine. Les deux palais construits de chaque côté de cette percée reprennent l'idée de la colonnade à jour, déjà utilisée au Louvre, édifiée ici sur des colonnes corinthiennes. Cette double colonnade, imposante et solennelle, est encore rehaussée de trophées, de consoles, de médaillons et de coquilles qui devaient à l'origine accueillir des statues. La place fut achevée en 1754.
Son projet pour l'École militaire date de 1751. Le bâtiment, devant fermer la perspective du Champ-de-Mars, prit des proportions majestueuses. Le pavillon principal est entouré de deux ailes et surmonté d'un dôme carré. Il faut noter l'escalier monumental dont la rampe, œuvre de Fayet, constitue un des plus beaux exemples de fer forgé du XVIIIe siècle.
Sa charge d'architecte du roi l'amena également à effectuer un travail de décorateur. Il aménagea notamment les appartements de Louis XV et Marie Leszczynska à Fontainebleau et la bibliothèque du Dauphin à Versailles. Il imprima au style Louis XV une symétrie peu habituelle dans le rococo et utilisa beaucoup la rosace.
On lui doit également le pavillon français dans le parc de Trianon (1748-1750), l'Opéra du château de Versailles (1748) et le Petit Trianon (1762-1764).