| Format recherche | Talbot, William Henry Fox | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Talbot, William Henry Fox (1800-1877), scientifique, photographe et philologue britannique, l’un des pionniers de la photographie.
Père du calotype — un procédé négatif / positif qui constitue la base de la photographie moderne —, William Henry Fox Talbot est également l’auteur du premier livre illustré par la photographie.
| 2. | Des premiers essais à la course à l’invention |
Né à Lacock Abbey (Wiltshire, Angleterre), William Henry Fox Talbot acquiert dès 1822 une camera lucida, ou « chambre claire » — machine à dessiner grâce à laquelle un sujet est reflété sur une feuille de papier par un système de miroirs. Féru de botanique, il se passionne pour les différentes plantes qu’il peut trouver en Angleterre.
À son retour d’Italie en 1834, il entame des recherches concernant la sensibilité du nitrate d’argent à la lumière, et parvient à fixer sur une feuille de papier sensibilisée des empreintes de plantes et de dentelles en valeurs inversées, qu’il appelle « dessins photogéniques » (photogenic drawings).
En 1835, il insère cette fois une feuille de papier sensibilisée dans une camera obscura (« chambre noire ») de format réduit que son épouse nomme « souricière ». Ses premières images, également en négatif, montrent l’encadrement d’une des fenêtres de Lacock Abbey (Fenêtre grillagée de Lacock Abbey, 1835). Elles sont de taille minuscule et présentent des formes floues émergeant de la pénombre. Déçu par leur qualité, il délaisse durant quelques années ses travaux pour ne les reprendre qu’à la fin de l’année 1838.
Entre-temps, Hippolyte Bayard et Jacques Daguerre mettent au point deux procédés photographiques. Daguerre, le premier, dévoile son « daguerréotype » à l’Académie des sciences au tout début de l’année 1839. Talbot comprend alors l’intérêt de ses propres découvertes et décide d’en revendiquer l’antériorité. Le 31 janvier, il présente son procédé de photographie sur papier devant la Royal Society de Londres, puis fait parvenir ses images à la presse et à l’Académie des sciences de Paris. Mais le procédé de Talbot est écarté — comme celui de Bayard — au profit de celui de Daguerre.
| 3. | La mise au point du calotype |
| 1. | Un procédé de reproduction multiple |
Talbot ne se décourage pas et, à l’automne 1840, met au point un nouveau procédé négatif / positif : à partir d’une image négative, obtenue dans la chambre noire puis révélée par le développement, il peut tirer plusieurs épreuves positives ; la photographie bascule ainsi dans l’ère de la reproduction multiple. En utilisant l’acide gallique, qui accélère la révélation, il invente l’image dite latente (qui demeure cachée et n’apparaît qu’après avoir été enduite d’une solution chimique), ce qui lui permet de réduire considérablement le temps de pose et de dissocier la prise de vue des opérations ultérieures. Il baptise son invention le « calotype » (du grec kalos « beau » et typos « empreinte »), plus tard renommé talbotype.
| 2. | Succès et déclin du procédé |
Talbot protège son invention par plusieurs brevets dès 1841, ce qui en freine la diffusion. Plus léger et maniable que le daguerréotype, le calotype est cantonné à diverses applications : photographie d’extérieurs, de voyage ou nature morte. C’est en Écosse que la technique (où elle est libre de droit) connaît sa première éclosion, entre 1840 et 1850. En France, Hippolyte Bayard en est l’un des rares adeptes, et sans doute le meilleur praticien. Revu et corrigé par Louis Désiré Blanquart-Évrard, le calotype est adopté, à partir de 1847, par Charles Nègre, Henri Le Secq, Charles Marville, Gustave Le Gray ou Maxime Du Camp. Sous la pression de ses amis, Talbot accepte de lever certains brevets en 1852. Le calotype continue à être utilisé jusqu’en 1855, avant de décliner inexorablement.
| 4. | Le premier ouvrage illustré de photographies |
Mettant en pratique ses conceptions sur la reproductibilité de l’image, Talbot ouvre en 1843 à Redding (au sud de Londres) la première imprimerie photographique. Son premier ouvrage, The Pencil of Nature (le Crayon de la nature), publié sous forme de fascicule entre 1844 et 1846, est le premier livre illustré par la photographie. Dans ses commentaires associés aux images, Talbot détaille les avantages du calotype dans des domaines aussi divers que la photographie d’architecture, la scène de genre, le portrait ou la reproduction d’œuvres d’art, et présente la photographie comme moyen d’expression artistique et de connaissance de la nature. L’ouvrage révèle aussi les sources d’inspiration picturales et artistiques de l’auteur, notamment l’école de peinture hollandaise. Mais cette première tentative est un échec commercial, comme les suivantes, Sun Pictures in Scotland (1845), un hommage à l’Écosse romantique de Walter Scott, et deux ouvrages de reproduction d’œuvres et d’objets d’archéologie. En 1847, il est contraint de fermer les portes de son imprimerie photographique.
Par la suite, avec le déclin du calotype, Talbot revient à la botanique, à la philologie et à l’archéologie, et il est l’un des premiers à déchiffrer les inscriptions cunéiformes de Ninive.