mime et pantomime
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mime et pantomime
2. Période classique

Dans les grands théâtres en plein air de l’Antiquité grecque et romaine, où le public pouvait voir plus facilement qu’il ne pouvait entendre, le mime était un élément important du jeu scénique. En Grèce, notamment, il était associé aux cérémonies rituelles et aux interprétations de scènes populaires. Le genre fut créé en tant que tel sous l’Empire romain. Le pantomimus romain était un acteur qui s’exprimait à la fois par la parole et par des mouvements stylisés, et portait des masques pour dépeindre un personnage ; son jeu était accompagné de musique et d’un chant choral. Le mime romain, jugé indécent parce qu’il parodiait les sacrements, fut banni par l’Église au Ve siècle ; de même plus tard, il fut souvent perçu comme subversif.

L’art du mime se développa en Asie bien avant qu’il ne prenne sa forme définitive dans le monde occidental. L’une des œuvres dramatiques hindoues classiques, ponctuées de danse, le Bharata natya, vient de cette forme de théâtre. En Chine et au Japon, le mime joua également un grand rôle dans les modes dramatiques majeurs.

Le mime, ou spectacle muet, fut essentiel dans la commedia dell’arte qui se développa en Italie au XVIe siècle et se répandit dans toute l’Europe. La pantomime se retrouve en France et en Angleterre, aux XVIIe et XVIIIe siècles, dans l’arlequinade, petite pièce issue de la commedia dell’arte, qui raconte les aventures d’Arlequin, de son amie Colombine et du père de celle-ci, Pantalon. Molière y eut volontiers recours dans ses farces. Régulièrement interdite, la pantomime fut autorisée sous la Révolution et à nouveau interdite sous la Restauration. Les acteurs forains, expulsés de la Comédie-Italienne, furent contraints de jouer en silence et usèrent de tous les artifices possibles pour rétablir clandestinement le texte, aussi créèrent-ils la pantomime arlequinade.