Révolutions de 1848
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Révolutions de 1848
4. L'Italie et l'aspiration à l'unité nationale

Sous l’horizon d’une Italie morcelée par les petits royaumes, la révolution est provoquée par une triple aspiration des Italiens à la liberté politique, à l’unité de la péninsule (voir unification italienne), à l’indépendance vis-à-vis de l’Empire austro-hongrois.

1. Réformes et républiques italiennes

À partir de 1846, le pape Pie IX à Rome et le roi Charles-Albert en Piémont-Sardaigne mettent en œuvre une série de réformes libérales dans leurs États, notamment la liberté de la presse et le droit de réunion. Ces réformes emportent l’adhésion de patriotes, tel Giuseppe Mazzini. Mais c’est depuis la Sicile que se déploie le mouvement révolutionnaire.

Le 10 février 1848, le roi Ferdinand II des Deux-Siciles, qui fait face à un mouvement de rébellion d’inspiration libérale parti de Palerme le 12 janvier, promulgue en hâte une constitution pour Naples, inspirée de la Charte française de 1830. Première victoire révolutionnaire, la Constitution napolitaine est immédiatement suivie de celle de Palerme ; puis, en mars, un Statut constitutionnel (Statuto) est octroyé au Piémont et les États pontificaux obtiennent du pape l’établissement d’une assemblée.

Au printemps, la nouvelle de la chute du chancelier Metternich embrase toute l’Italie. À Milan, sous domination autrichienne, des combats mettent aux prises soldats italiens et autrichiens à partir du 18 mars ; ils aboutissent au départ du gouverneur autrichien le 22 (les « Cinq Jours »). Le même jour, à Venise — autre possession de l’Empire —, l’avocat libéral Daniele Manin proclame la « république de Saint-Marc ». À Florence, à Rome, à Turin, les souverains anticipent l’insurrection en promulguant des constitutions.

2. Vers l’unification ?

Parallèlement à cette phase d’établissement de régimes libéraux, le roi du Piémont Charles-Albert se laisse entraîner par les Milanais dans une guerre d’indépendance contre l’Autriche (22 mars 1848). Ayant reçu le soutien du grand-duc de Toscane, de Ferdinand II de Naples et du pape, Charles-Albert se pose en défenseur de l’unification et l’indépendance. Mais le 29 avril, le pape se retire et réprouve cette guerre contre une puissance catholique ; d’autres le suivent bientôt, effritant la coalition ; trop peu nombreux, les soldats italiens subissent alors une cuisante défaite à Custozza (25 juillet 1848), ce qui oblige Charles-Albert à signer l’armistice le 9 août.

Les républicains prennent alors le relais. À Venise, Daniele Manin établit une véritable dictature républicaine. À Florence, le grand-duc doit fuir et la république de Toscane est proclamée. À Rome, après la fuite du pape — qui se réfugie à Gaète où Ferdinand II a, entre-temps, abrogé la Constitution —, Mazzini dirige la République romaine, proclamée en février 1849 et défendue par les « Chemises rouges » de Giuseppe Garibaldi.

Néanmoins, pour que le mouvement prenne une consonance réellement unitaire, il faut que le roi Charles-Albert s’aligne sur l’élan républicain et fasse triompher l’unitarisme en combattant l’Autriche. Le 20 mars 1849, ce dernier lance une nouvelle offensive contre l’Empire qui aboutit à la défaite de Novare (23 mars). Le roi abdique le soir même en faveur de son fils, Victor-Emmanuel II. Celui-ci conclut la paix ce qui permet au Piémont de garder son indépendance.

Ce dernier échec donne un coup d’arrêt au rêve unitaire ; les Habsbourg rétablissent leur autorité en Lombardie, en Vénétie et en Toscane ; la République mazzinienne est étranglée par une intervention militaire française (juin 1849) qui réinstalle le pape dans son autorité vaticane ; Venise, assiégée par les Autrichiens, tombe en août 1849. De ces deux années d’agitation, l’Italie ne conserve que la Constitution du Piémont, faisant désormais office de champion de l’unité italienne.