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Le chef de file des Girondins ou « brissotins » |
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L’âme d’une tendance politique émergente |
De retour en France au début de la Révolution, Brissot de Warville ne parvient pas à se faire élire aux États généraux qui doivent se réunir à partir du 5 mai 1789. Aussi, dès le 6 mai, fonde-t-il le journal le Patriote français, dont il obtient l’autorisation royale en juillet. La feuille, qui paraît jusqu’au 2 juin 1793, devient l’âme des révolutionnaires qui partagent ses idées, les « brissotins » (ou Girondins). Membre de la Commune de Paris en 1789, Brissot y réclame la suppression de la traite des Noirs et leur liberté, ce qui amène ses adversaires à le qualifier d’agent de l’Angleterre, cherchant à dépouiller la France de ses richesses coloniales au profit de sa rivale. Partisan de la pétition du Champ-de-Mars après la fuite du roi et son arrestation à Varennes, il demande la déchéance de ce dernier dès juillet 1791. Après le départ des plus modérés pour le club des Feuillants, Brissot de Warville devient l’un des membres les plus influents du club des Jacobins, aux côtés de Maximilien de Robespierre et de Pétion de Villeneuve.
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La politique girondine ou le triomphe de Brissot |
Élu en septembre à l'Assemblée législative, il dirige la commission des Affaires étrangères où, contre l'avis de Robespierre, il met tout son poids en faveur de la déclaration de guerre à l'Autriche (effective en avril 1792). Chef de file des députés Girondins, il considère en effet la guerre comme le plus sûr moyen d'assurer la réussite de la Révolution. Cependant, un discours (26 juillet) et une pétition contre la déposition du roi entament le crédit de Brissot. Après la chute de la monarchie (10 août) et les massacres de septembre qu’il dénonce immédiatement, il est exclu des Jacobins le 12 octobre 1792. Opposé à la politique parisienne des Montagnards, il se fait élire à la Convention comme député d’Eure-et-Loir. Brissot de Warville entame alors une lutte sans merci avec le montagnard Robespierre, combat qui l’amène à sa perte. Lors du procès du roi, il vote pour le sursis (janvier) ; anglophile, il propose de déclarer la guerre à l’Angleterre (février) ; ami du général Dumouriez, il est compromis lors de la trahison de ce dernier (mars-avril).
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De la proscription à la guillotine |
Discrédité, accusé de fédéralisme par les Montagnards au pouvoir grandissant, Brissot de Warville est arrêté lors de la proscription des Girondins, le 2 juin 1793, mais parvient à s’enfuir. De nouveau arrêté, il est traduit devant le Tribunal révolutionnaire qui le condamne à la peine capitale, le 30 octobre 1793. Il est guillotiné le lendemain, avec plusieurs de ses condisciples.
Les Mémoires de Brissot de Warville ont été publiées en 1830.
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