| Flaubert, Gustave | Format lecture | ||||
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| 2. | Vie de Flaubert |
Né à Rouen, fils de chirurgien, Gustave Flaubert connaît dès l’enfance la monotonie de la vie en province et s’en inspirera lorsqu’il écrira Madame Bovary (1857) et le Dictionnaire des idées reçues (posthume, 1911). Il tente de tromper son ennui en s’adonnant très tôt à la littérature ; lecteur assidu, il compose dès le lycée ses premiers textes, la plupart à dominante sombre et mélancolique. Mémoires d’un fou, écrit en 1838 et publié en 1900, à titre posthume, est sa première tentative autobiographique.
Il commence sans enthousiasme ni assiduité de classiques études de droit à Paris mais, atteint d’une maladie nerveuse aux environs de l’année 1844, il doit les interrompre prématurément. Cette maladie, dont il devait souffrir jusqu’à la fin de son existence, lui donne l’occasion de se consacrer exclusivement à la littérature.
Devenu un rentier précoce, il vit dès lors retiré à Croisset, petite localité proche de Rouen où sa famille a acheté une propriété. Il profite de son désœuvrement pour finir une première version de l’Éducation sentimentale. En se fondant sur cette retraite littéraire, la légende a fait de Flaubert une sorte d’ermite ou de bénédictin de la littérature, connu pour sa grande culture, son incroyable capacité de travail et ses exigences esthétiques rigoureuses. Il est vrai qu’il ne quitte plus Croisset et sa table d’écrivain que pour quelques voyages, en Orient d’abord avec son ami Maxime Du Camp, puis en Algérie et en Tunisie (1858), mais il fait aussi de longs séjours à Paris où il fréquente les milieux littéraires. Cet isolement relatif ne l’empêche d’ailleurs pas d’être un ami fidèle, comme l’atteste la correspondance monumentale, émouvante et spirituelle, qu’il échange avec ses amis et ses proches, notamment avec Louise Colet — qu’il rencontre en 1846 et qui devient sa maîtresse jusqu’en 1854 —, mais aussi avec George Sand, Théophile Gautier ou Guy de Maupassant. Cette correspondance est en outre riche de nombreuses informations biographiques qui permettent d’éclairer ses œuvres.
Dans la carrière de Flaubert, les échecs de librairie ne manquent pas, puisque ni l’Éducation sentimentale, ni la Tentation de saint Antoine, ni le Candidat ne trouvent leur public. Pour sa part, le scandale qu’engendre la publication de Madame Bovary constitue paradoxalement le premier succès de cette œuvre. Salammbô (1862), son récit carthaginois, reçoit également un bon accueil de la part du public mais est systématiquement dénigré par la majorité des critiques, Sainte-Beuve en tête.