| impressionnisme (art) | Format lecture | ||||
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| 2. | D’un tableau au mouvement |
C’est au titre d’un tableau de Claude Monet, Impression soleil levant (1872, musée Marmottan, Paris), que l’impressionnisme doit son nom. En mai 1874 se tient en effet dans les ateliers du photographe Nadar, boulevard des Capucines, une exposition de jeunes peintres indépendants, parmi lesquels figurent Claude Monet, Paul Cézanne, Pierre-Auguste Renoir et Alfred Sisley. Partageant la même approche picturale, à savoir le rendu du plein air et l’effet que produisent les variations constantes et imperceptibles de la lumière sur les éléments, ils avaient dû se constituer en société anonyme pour faire face à leur exclusion systématique des salons officiels.
La manifestation provoque un scandale retentissant et donne tout loisir aux critiques d’art (qui ne voient dans ces toiles que des croûtes semblant « avoir déclaré la guerre à la beauté ») de manifester leurs railleries et leur mépris. C’est ainsi que le journaliste Louis Leroy, tournant en dérision le tableau de Monet, s’exclame dans la revue le Charivari : « Impression... J’en étais sûr... puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans... »
Le terme était né, et accepté d’emblée par les artistes eux-mêmes et leur petit cercle d’amateurs (parmi lesquels les critiques d’avant-garde Jules Castagnary, Edmond Duranty, Théodore Duret et le marchand d’art et collectionneur Paul Durand-Ruel). Malgré la persistance des attaques malveillantes et des querelles esthétiques internes au groupe, sept autres expositions sont dès lors organisées sous cette étiquette, dont la dernière a lieu en 1886.