| Orléans, maisons d' | Format lecture | ||||
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| 3. | Lignes issues des Bourbons |
La troisième maison d’Orléans n’eut qu’un représentant en ligne masculine, en la personne de Gaston d’Orléans, fils d’Henri IV et frère cadet de Louis XIII. Longtemps héritier présomptif de la couronne jusqu’à la naissance de son neveu Louis XIV en 1638, il ne cessa de comploter contre Richelieu et fut également mêlé aux troubles de la Fronde, à l’instar de sa fille, Anne Marie Louise, duchesse de Montpensier, qu’on appelait la Grande Mademoiselle et qui fut l’épouse du duc de Lauzun.
C’est le frère de Louis XIV, Philippe d’Anjou, couramment appelé Monsieur, qui fut le fondateur de la quatrième maison d’Orléans, toujours représentée aujourd’hui. Marié en premières noces à Henriette Anne d’Angleterre pour laquelle Bossuet composa un éloge funèbre demeuré célèbre, il eut de sa seconde épouse, Charlotte-Élisabeth de Bavière, princesse Palatine, un fils, Philippe II d’Orléans. Celui-ci fut régent de France pendant la minorité de Louis XV et épousa une fille naturelle de Louis XIV et de Mme de Montespan. Grand seigneur libertin et débauché, ennemi de l’absolutisme, il réunit dans sa personne certains des traits qu’on retrouva chez ses descendants, qui se tinrent volontiers éloignés de la cour et y gagnèrent une réputation de libéralisme. Son petit-fils, Louis-Philippe, fut ainsi avec sa maîtresse, Mme de Montesson, le centre d’une petite cour brillante et volontiers frondeuse qui se tenait au château de Bagnolet. De son mariage avec Louise Henriette de Bourbon-Conti, il avait eut une fille, épouse de Louis Henri Joseph, prince de Condé, et un fils, Louis Philippe Joseph d’Orléans, dit Philippe Égalité, fastueux prince d’Ancien Régime, qui soutint avec enthousiasme la Révolution française, vota la mort de son cousin, le roi Louis XVI, mais fut par la suite guillotiné avec les Girondins.
L’heure de gloire de la quatrième maison d’Orléans devait sonner avec la Révolution de 1830 : après la chute de Charles X, la Chambre des députés désigna en effet le fils de Philippe Égalité, Louis-Philippe, comme roi des Français, et l’appela à régner sous le nom de Louis-Philippe Ier. Ce règne de dix-huit ans, qui fut marqué par l’expansion du capitalisme dans le cadre de la révolution industrielle, vit le triomphe d’une bourgeoisie qui se reconnaissait dans l’orléanisme, à la fois libéral et favorable aux milieux d’affaires. Louis-Philippe fut cependant renversé par la révolution de 1848, qui marqua, pour les descendants des Capétiens, la fin d’une succession presque ininterrompue depuis 987.
La descendance de Louis-Philippe, à laquelle se rattachent par les femmes les actuelles maisons royales de Belgique et de Bulgarie, s’est divisée en plusieurs branches : la branche aînée, à laquelle appartient Henri, comte de Clermont (et fils du comte de Paris), actuel prétendant au trône ; celles de Joinville et d’Aumale, aujourd’hui éteintes ; celle des Montpensier, qui furent infants d’Espagne ; enfin, celle des Nemours, dont un rameau, allié à la famille impériale du Brésil, porte le nom d’Orléans-Bragance.
L’avènement de Louis-Philippe avait divisé le courant monarchiste français entre légitimistes, favorables aux Bourbons en ligne directe, qui considéraient Louis-Philippe comme un usurpateur (régicide de surcroît), et les orléanistes, partisans de Louis-Philippe et de sa descendance. La querelle des orléanistes et des légitimistes se poursuivit pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle et affaiblit considérablement les intérêts du camp monarchiste. Son unité fut cependant réalisée lorsque Henri V, comte de Chambord, chef du parti légitimiste, désigna avant sa mort (1883) Louis-Philippe, comte de Paris, fils du duc de Chartres et petit-fils de Louis-Philippe Ier, pour lui succéder dans l’ensemble de ses droits dynastiques. Certains monarchistes considèrent cependant que le prétendant légitime est le duc d’Anjou, descendant en ligne directe de Louis XIV par le petit-fils de celui-ci, Philippe V, roi d’Espagne.