Bourguiba, Habib
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Bourguiba, Habib
2. Le combattant pour l’indépendance
1. Un militant de la première heure

Né à Monastir dans une famille de la petite bourgeoisie tunisienne, Habib Bourguiba quitte la Tunisie au début des années 1920 pour poursuivre des études de droit à Paris — la Tunisie est sous le protectorat de la France depuis 1881. De retour à Tunis en 1927 et nourri d’ardents sentiments nationalistes, il exerce la profession d’avocat et pratique un militantisme actif. Membre du Destour, parti de l’indépendance tunisienne, il collabore à plusieurs publications nationalistes avant de fonder en 1932 son propre journal, l’Action tunisienne. Ses prises de position originales en faveur d’une Tunisie indépendante, moderne et laïque s’opposent rapidement à l’aile la plus traditionaliste et islamique du Destour. Dès 1934, Bourguiba provoque la scission du parti en fondant le Néo-Destour avec un groupe de jeunes militants favorables comme lui à l’instauration d’un État laïque.

2. Les années de lutte et de prison

À l’instar des autres dirigeants du Néo-Destour, sa lutte anticolonialiste vaut à Bourguiba d’être poursuivi par les autorités françaises, arrêté et interné à plusieurs reprises, notamment à la suite des grèves et des émeutes de 1938 à Tunis. Libéré en 1942 par les Allemands, il refuse de se ranger du côté des puissances de l’Axe. Toutefois, à la libération de la Tunisie (1943) par les Alliés, il est placé en résidence surveillée par les autorités coloniales. Il parvient à s’échapper et quitte clandestinement la Tunisie pour l’Égypte. De retour d’exil, il intensifie les appels à la lutte et, après une campagne d’agitation, il est de nouveau arrêté en 1952 et assigné à résidence en métropole jusqu’en 1954. Alors que la Tunisie connaît durant ces années une vague d’incidents et d’attentats terroristes et que le président du Conseil Pierre Mendès France proclame sa volonté d’émanciper le peuple tunisien, le chef populaire du Néo-Destour s’impose comme un interlocuteur privilégié dans les négociations qui mènent à l'autonomie interne de la Tunisie, en 1955. Après son retour triomphal en Tunisie, le 1er juin 1955, il écarte du Néo-Destour son principal rival, Salah ben Youssef, et se retrouve naturellement à la tête du pays lorsque celui-ci acquiert son indépendance en mars 1956.