Bourguiba, Habib
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Bourguiba, Habib
3. Le père de la Tunisie moderne

Désigné président du Conseil après la victoire écrasante du Néo-Destour aux élections législatives d’avril 1956, Bourguiba fait destituer le bey. La monarchie est abolie et la République est proclamée le 25 juillet 1957. Investi des pouvoirs de chef de l’État, Bourguiba entreprend d'audacieuses réformes dans un pays de tradition musulmane, interdisant la polygamie, accordant le droit de vote et d'éligibilité aux femmes et substituant un droit civil au droit coranique. Convaincu du rôle de l’éducation dans la lutte contre le sous-développement, il promeut la démocratisation de l’enseignement. Sur le plan politique cependant, fort de sa légitimité de « Combattant suprême » de l'indépendance, il exerce un pouvoir autocratique, appuyé sur un parti unique, qui quadrille toute la société civile. Pour le père de l’indépendance, le processus d’édification d’une Tunisie moderne ne saurait supporter aucune forme de contestation : le multipartisme, la liberté de la presse et les syndicats sont interdits.

Dans le domaine économique, face aux problèmes sociaux auxquels est confronté le pays, le président Bourguiba tente la voie du socialisme autoritaire — en 1964, le Destour est rebaptisé Parti socialiste destourien (PSD). Toutefois, la tentative de collectivisation de l’économie échoue, et, dès 1969, la Tunisie s’ouvre à la libéralisation.