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Collier, affaire du

Collier, affaire du, escroquerie qui éprouva la réputation de la monarchie à l'aube de la Révolution française et mit durement en cause la reine Marie-Antoinette.

En 1785, le cardinal de Rohan, alors en disgrâce à la cour de France, fut convaincu par Jeanne de Valois, comtesse de La Motte, et par l'aventurier italien le comte Alexandre de Cagliostro (de son vrai nom, Giuseppe Balsamo) qu'il pourrait regagner les faveurs royales en agissant comme intermédiaire dans l'achat d'un collier de diamants pour la reine Marie-Antoinette. Pour achever de le persuader, on lui montra de fausses lettres de la reine et un entretien « secret » fut même arrangé, avec une femme de chambre qui tenait le rôle de Marie-Antoinette. Rohan commanda le collier, d'une valeur de 1 600 000 livres, auprès des joailliers Bassenge et Boehmer, qui le remirent à la comtesse et à son amant, les croyant envoyés par la reine. On ne revit plus jamais le collier, qui fut sans doute vendu au détail à Londres.

L'affaire fut dévoilée ; Rohan et la comtesse furent arrêtés, lorsque le cardinal ne put couvrir une échéance. Le roi Louis XVI porta l'affaire devant le Parlement : c'est la reine qui fut totalement déconsidérée, tandis que le cardinal, qui était la dupe de cette histoire était acquitté, mais chassé de la cour et exilé à La Chaise-Dieu, en 1786. La comtesse de La Motte fut condamnée à être fouettée, marquée et enfermée à vie à la Salpêtrière (elle s'en évada par la suite).

Ce scandale eut un vif retentissement au sein de la population française, en particulier vis-à-vis du comportement supposé de la reine ; il contribua à discréditer fortement la monarchie à l'aube de la Révolution.