Algérie
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Algérie
2. Milieu naturel
1. Relief et hydrographie

L’Algérie est le deuxième pays d’Afrique par sa superficie — 2 381 741 km², dont les quatre cinquièmes sont occupés par le Sahara. Le pays comprend deux grands ensembles géographiques : les chaînes de l’Atlas, au nord, et le Sahara, au sud. Entre les massifs de l’Atlas tellien, ou Tell algérien (Kabylie, Mascara, Ouarsenis, Saïda, Tlemcen, etc.), s’insèrent des plaines étroites et discontinues en bordure d’une côte très découpée qui s’étire sur près de 1 000 km.

À l’intérieur des terres, le long des oueds côtiers, s’étendent de nombreuses vallées fertiles : la vallée du Chéliff, irriguée par le cours d’eau du même nom, le plus long d’Algérie (725 km) ; la Mitidja, une plaine de subsidence séparée de la mer par les collines du Sahel d’Alger. À l’est, les fonds de vallées forment des plaines comme la Soummam et la plaine alluviale d’Annaba, d’une importance économique comparable à celle de la Mitidja. Ces régions regroupent l’essentiel des terres arables. Il n’existe aucun oued permanent au sud du Tell, où les hauts plateaux semi-arides (Sétif, Constantine) sont parsemés de dépressions désertiques et de lacs salés marécageux, les chotts (Chergui, Hodna).

L’Atlas saharien est constitué de montagnes très anciennes, datant de l’éocène. Fragmentées d’ouest en est par l’érosion, ces chaînes montagneuses (monts des Ksour, djebel Amour, monts des Ouled Naïl, Mzab, djebel Aurès) abritent des oasis aux pieds de leurs contreforts. L’Atlas domine la grande étendue du Sahara algérien. Les altitudes n’y dépassent pas 2 000 m, hormis dans les régions frontalières du Maroc (djebel Aïssa, 2 236 m). À l’est, les altitudes sont plus élevées, notamment dans le massif des Aurès, dont les sommets dominent à l’ouest la cuvette du Hodna et au sud la dépression des grands chotts.

Au sud de l’Atlas tellien, l’ensemble des Hautes Plaines offre un paysage de steppes unique : à l’ouest, elles s’étirent sur près de 500 km sur une largeur de 100 à 200 km ; à l’est, elles s’étendent sur près de 200 km, et en raison d’un relief plus élevé (800 à 1 000 m) on parle de Hauts Plateaux. C’est une région de transition vouée à une économie pastorale semi-nomade ; l’élevage des ovins y est la principale activité.

Le Sahara algérien s’oppose par tout un ensemble de caractères à l’Algérie maghrébine. Du point de vue de la structure géologique, il appartient au vieux socle africain ; ce socle de roches précambriennes a été nivelé au cours des millénaires, et la mer recouvrait une grande partie du Sahara dès la fin du précambrien, au secondaire et encore au tertiaire. Ces transgressions marines expliquent en partie l’aspect du Sahara ; le socle cristallin n’affleure que dans les massifs montagneux comme le Hoggar ou l’Atakor, la mer ayant déposé sur presque tout le socle un lourd manteau de sédiments : schistes et grès du primaire, calcaires, grès et argiles au secondaire, sédiments néogènes dans le nord, arrachés à l’Atlas au tertiaire.

Conséquences de cette formation, trois types de paysage dominent : les hamadas, plateaux de dalles rocheuses ; les regs, grandes étendues de graviers et de cailloux ; les ergs, immenses étendues de dunes de sables nés de l’érosion et accumulés par les vents. L’épaisseur des sédiments a permis la formation des structures pétrolifères qui font de la région un pôle économique stratégique. Cette histoire géologique complexe explique l’altitude généralement basse du Sahara (moins de 500 m en moyenne) : le Grand Erg oriental et le Grand Erg occidental se composent d’immenses dunes de sable et de zones pierreuses ; au sud du plateau du Tademaït (762 m), immense hamada de dalles rocheuses, on trouve le plateau gréseux du tassili des Ajjer et enfin, le massif du Hoggar, où culmine le mont Tahat (3 003 m), le point le plus élevé du pays.

2. Climat

Au nord, le climat est typiquement méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, les hivers doux et humides (400 mm à 1 000 mm de pluie par an). Les températures moyennes (25 °C en août et 12 °C en janvier à Alger) varient en fonction de l’altitude. En été, le sirocco, un vent extrêmement chaud et sec, souffle du Sahara. Sur les Hauts Plateaux et dans l’Atlas saharien, les précipitations sont peu abondantes (200 mm à 400 mm par an). Dans le Sahara, elles sont inférieures à 130 mm par an. L’amplitude thermique y est très importante (de 49 °C le jour à moins de 10 °C la nuit). L’aridité du climat est accentuée par des vents de sable parfois très violents (simoun).

3. Végétation et faune

Les sols du nord de l’Algérie souffrent depuis plusieurs siècles des pratiques de cultures intensives, du déboisement et du surpâturage. La forêt reste encore vivace dans certaines parties du Tell et de l’Atlas saharien. Les principales essences y sont les pins, les cèdres de l’Atlas et plusieurs variétés de chênes, dont le chêne-liège. Les versants inférieurs sont dénudés ou recouverts de garrigue (genévriers et arbustes divers). La région des Hauts Plateaux est une zone de steppe semi-aride où poussent notamment l’alfa (graminée) et des herbes propices au pâturage. Dans le Sahara, la flore est très clairsemée (plantes herbacées, acacias, jujubiers), voire absente.

La plupart des régions sont peuplées d’animaux nécrophages (chacals, hyènes et vautours). On rencontre en plus petit nombre des antilopes, des gazelles, des lièvres et des reptiles.