Marat, Jean-Paul
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Marat, Jean-Paul
2. Engagement et frustration

Né près de Neuchâtel (Suisse), Jean-Paul Marat est instruit par son père, médecin et calviniste espagnol qui a fui la Sardaigne pour la Suisse. À seize ans, il part suivre des études de médecine à Toulouse, Bordeaux et Paris, à l’issue desquelles il voyage en Europe avant de se fixer à Saint-Andrews (Écosse). Il y exerce jusqu’en 1776 et y rédige son premier ouvrage, les Chaînes de l’esclavage (1774).

Rentré en France comme médecin au service des gardes du comte d’Artois en 1776, Marat publie des ouvrages scientifiques influencés par le courant matérialiste. Mais s’il traite de physique et de physiologie, il se préoccupe surtout, dans un esprit prérévolutionnaire, de politique. Son Traité sur les principes de l’homme (1776), raillé par Voltaire, défend le peuple contre les élites.

Homme aux intentions radicales, Marat a peu d’amis et de soutiens. Rejeté par l’Académie des sciences qui désapprouve ses travaux, il n’en devient que plus extrémiste. De 1779 à 1789, il écrit une douzaine d’ouvrages, dont Plan de législation criminelle (1789) dans lequel il prône la liberté de conscience. Mais Marat demeure un personnage controversé et, à l’âge de quarante-cinq ans, celui qui dit plus tard de lui-même qu’il est « dévoré par l’amour de la gloire » (1793) est frustré de reconnaissance publique.