| Marat, Jean-Paul | Format lecture | ||||
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| 3. | Une revanche à prendre |
La Révolution permet à Marat d’exercer son talent autrement que dans la confidentialité. Il donne libre cours à son ambition en plaidant en faveur de l’égalité absolue des hommes. Dès l’été 1789, il prend position en faveur du peuple dans son journal, l’Ami du peuple, qui reçoit rapidement les faveurs du public. Très lu par les masses parisiennes, le périodique qualifie les modérés et les nantis de traîtres et présente la violence — populaire ou d’État — comme le principal outil de la Révolution, afin d’en terminer avec l’ordre ancien et d’assurer la fidélité des hommes de l’ordre nouveau à l’idéal révolutionnaire.
Dès la prise de la Bastille (14 juillet 1789), Marat adopte en effet une position claire : selon lui, quelque cinq cents têtes coupées permettront de rompre avec le passé. Par la suite, il ne cesse de faire de la lutte contre les élites la clef de la pérennité du soulèvement du 14 juillet. Parmi maintes harangues, en 1791, il appelle à l’interdiction de vote des prélats, financiers et officiers du roi. De même, il critique l’Assemblée nationale et, en 1792, avoue espérer « une dictature suprême » permettant d’instaurer l’authentique Révolution. Émaillés d’appels au meurtre, ses discours permettent à ses ennemis de le dire fanatique, autoritaire, sanguinaire. Il est vrai que les positions de Marat nourrissent la vigilance face aux contre-révolutionnaires et alimentent également le climat de violence qui aboutit aux massacres des opposants en septembre 1792.