Marat, Jean-Paul
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Marat, Jean-Paul
4. Le piège de la violence

Quoique critiqué pour son obsession de la conspiration et sa philosophie du terrorisme populaire, Marat jouit en 1792 d’une aura certaine. Élu représentant de Paris à la Convention nationale, il rejoint la Montagne, à l’extrême gauche de l’Assemblée. Il y préconise toujours des mesures dictatoriales, arguant que la Révolution ne sera pas acquise tant qu’on « ne [fera] pas tomber les têtes qui oppressent le peuple ».

Promu à la tête des Jacobins, il est attaqué par les Girondins (plus modérés) qui lui intentent un procès devant le tribunal révolutionnaire en l’accusant d’être à l’origine d’émeutes. Mais ce procès aboutit à un acquittement triomphal (avril 1793). Son combat contre les Girondins prend fin le 2 juin 1793, date à laquelle la Convention, sous la menace d’une insurrection parisienne que Marat a encouragée, les élimine. Cet événement conduit à la formation d’un gouvernement à majorité jacobine.

Mais Marat meurt avant d’en prendre connaissance. Le 13 juillet 1793, il est assassiné par une jeune Normande, Charlotte Corday. La République lui fait de grandioses funérailles, déposant momentanément son corps au Panthéon et lui consacre un Éloge funèbre de Jean-Paul Marat, daté du 26 brumaire an II : « Comme Jésus, Marat aima ardemment le peuple et n’aima que lui. Comme Jésus, Marat détesta les rois, les nobles, les prêtres, les riches, les fripons ; et comme Jésus, il ne cessa de combattre ces pestes de la société. » Il est plus tard inhumé à Sainte-Geneviève.

Exalté en héros tant que les Montagnards sont au pouvoir — avant que la réaction thermidorienne de 1795 ne s’attaque à son mythe lors de la dépanthéonisation des héros de la Révolution —, Marat est une grande figure du radicalisme révolutionnaire. Son intransigeance n’est pas sans préfigurer la Terreur de 1793-1794.

Le révolutionnaire a été immortalisé par le peintre David dans sa célèbre toile la Mort de Marat (1793).