république
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3. Histoire des républiques
1. Les républiques de l’Antiquité

En retraçant l’histoire des nombreuses entités politiques qualifiées de républiques par les historiens, on prend conscience du manque d’unité apparent de la notion, en raison de son utilisation dans des contextes historiquement, géographiquement et culturellement fort disparates. Cependant, les éléments de définition mentionnés plus hauts s’y retrouvent généralement.

Selon certains spécialistes, l’ancienne confédération des tribus juives, qui a existé en Palestine, du xve siècle av. J.-C. jusqu’à l’établissement d’une monarchie aux alentours de l’an 1020 av. J.-C., constitue un embryon de république démocratique, puisqu’à l’exception des esclaves et des femmes tout membre de la communauté peut s’y exprimer et est éligible à des postes politiques.

Au début du viiie siècle av. J.-C., de nombreuses cités de Grèce sont des républiques, en tant qu’entités indépendantes, et le sont demeurées plusieurs siècles. De même, Carthage est demeurée une république plus de trois cents ans avant sa destruction par les Romains, en 146 av. J.-C. Et, pendant plus de cinq cents ans, la ville même de Rome est une république.

La plus ancienne république encore existante est l’État de Saint-Marin sur la péninsule italienne, à environ 225 km au nord de Rome. Cet État a pris le nom de république au début du xive siècle apr. J.-C.

2. Les républiques du Moyen Âge au xviiie siècle

En Italie du Nord, les puissantes cités marchandes indépendantes, dirigées par la nouvelle bourgeoisie commerçante, estiment également que la république est un instrument politique mieux adapté à leur situation que l’État monarchique, dominé par la noblesse féodale et l’Église catholique romaine. Ces républiques italiennes sont secouées pendant des siècles par des luttes de pouvoir entre l’aristocratie et la bourgeoisie marchande.

La ligue des cantons suisses, qui doit aboutir à la création de l’État suisse, se caractérise également par des éléments républicains. Les fondements de la république remontent à 1291. De nombreux dirigeants de la Réforme nourrissent des sentiments prorépublicains. Genève, sous la domination (1541-1564) de Jean Calvin, adopte la forme d’une république, bien qu’en réalité elle soit un État théocratique. Les doctrines réformatrices (en matière religieuse) et antimonarchiques jouent également un rôle important dans la fondation de la République néerlandaise des Provinces-Unies (1648-1747) ainsi que dans celle de l’éphémère république (Commonwealth, 1649-1660) qui regroupait l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande sous la domination d’Oliver Cromwell.