Rodin, Auguste
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Rodin, Auguste
3. L’œuvre d’une vie, la Porte de l'Enfer

L'année du Saint Jean-Baptiste, Rodin reçoit toutefois une commande de l'État qui lui permet de cesser toute activité annexe. Il s'agit d'une porte monumentale, destinée au futur musée des Arts décoratifs de Paris. Rodin tire le sujet du premier chapitre de la Divine Comédie de Dante, « l’Enfer », d'où le nom de Porte de l'Enfer.

Œuvre d'une vie — l'artiste y travaille jusqu'à sa mort —, restée inachevée, la Porte de l'Enfer se veut une grande allégorie des passions humaines à travers la représentation du nu. Elle est composée de quelque deux cents figures, dont les ébauches sont également à l'origine de certaines des plus célèbres sculptures de Rodin : le Penseur (1880, musée Rodin, Paris), par exemple, constitue la figure centrale du tympan de la porte. On peut encore citer le Baiser (1888, musée Rodin), Ugolin et Adam et Ève. L'ensemble, de même que chaque élément indépendant, est très fortement rythmé par des déséquilibres de masses, récurrents chez le sculpteur, et de violentes torsions des corps.