surréalisme
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surréalisme
3. Le surréalisme dans la littérature
1. Les premiers écrivains surréalistes

Les premiers écrivains ayant adhéré au mouvement furent Paul Éluard, Louis Aragon, Antonin Artaud, Benjamin Péret, Robert Desnos, Georges Limbour, Raymond Queneau, Michel Leiris, Joseph Delteil, Pierre Naville, René Crevel, Roger Vitrac et Philippe Soupault.

Les Champs magnétiques, texte rédigé conjointement en 1919 par André Breton et par Philippe Soupault et publié dans la revue Littérature en 1920, fut considéré, rétrospectivement, comme le premier écrit surréaliste. L’automatisme y était déjà expérimenté par les deux auteurs, qui laissaient libre cours à leur imaginaire, cherchant à libérer le langage de tout contrôle, écrivant le texte d’une seule traite et refusant toute retouche ultérieure.

Véritable exploration du langage, le surréalisme prônait une poésie révolutionnaire, qui devait se tenir à l’écart de toute règle et de tout contrôle de la raison. L’acte poétique était vécu comme une prise de position sociale, politique et philosophique, et constituait l’une des trois branches de la trinité surréaliste « liberté, amour, poésie ». La poésie exprimait une nouvelle morale de l’amour, qui trouvait son équilibre entre la puissance du désir et l’amour électif dans le Libertinage de Louis Aragon (1924), dans la Liberté ou l’amour de Robert Desnos (1927) ou dans l’Amour fou d’André Breton (1937) ; elle était également reflet de la liberté dans les pamphlets scandaleux tel Un cadavre (qui fut diffusé à la mort d’Anatole France en 1924), dans l’acceptation et dans l’utilisation du hasard, ainsi que dans la fascination pour la folie (Nadja, André Breton, 1928).

2. L’engagement politique

Le mouvement surréaliste connut son apogée dans l’entre-deux-guerres. Son organe principal, la Révolution surréaliste, fondé en 1924, fut dirigé par Pierre Naville et par Benjamin Péret. En 1930, la revue devint le Surréalisme au service de la révolution, traduisant l’orientation politique du mouvement (qui avait adhéré au parti communiste en 1927). À partir de 1936, les célèbres « expositions internationales du surréalisme » rythmèrent régulièrement son évolution, la plus célèbre d’entre elles ayant eu lieu en 1938, à la galerie des Beaux-Arts à Paris.

L’engagement politique du mouvement comme la personnalité d’André Breton furent la cause d’un certain nombre de brouilles et de départs (ceux d’Artaud, de Vitrac et de Soupault, notamment) à la fin des années 1920 : le Second Manifeste du surréalisme, publié en 1929, marqua quant à lui l’adhésion de nouveaux membres (René Char, Francis Ponge, Joë Bousquet, Luis Buñuel, Georges Sadoul, etc.) et la réconciliation de Tristan Tzara avec André Breton.

Après s’être rallié à Breton en 1925, le groupe de la rue Blomet (André Masson, Joan Miró, Michel Leiris, Antonin Artaud) rejoignit Georges Bataille et la revue Documents, reprochant à Breton son « matérialisme vulgaire ». À la même époque, le groupe de la rue du Château (Jacques Prévert, Marcel Duhamel, Yves Tanguy), un temps mêlé aux activités du mouvement, s’en éloigna progressivement. En 1929, Roger Gilbert-Lecomte, René Daumal, Roger Vailland et le peintre d’origine tchèque Joseph Sima créèrent, en opposition à Breton, la revue le Grand Jeu, qui publia les œuvres de Saint-Pol Roux, de Georges Ribemont-Dessaignes et du dessinateur Maurice Henry. En 1933, les surréalistes de tous bords participèrent à la revue Minotaure, fondée par l’éditeur Albert Skira et dont Breton devint rédacteur en chef en 1937.