| Renaissance, art de la | Format lecture | ||||
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| 2. | La civilisation de la Renaissance |
Le mouvement culturel de la Renaissance s’est progressivement constitué dès la fin du XIVe siècle en Italie centrale, pour s’étendre au XVIe siècle à travers toute l’Europe et marquer l’ensemble des sphères d’activités de la société. Dans tous les pays européens, il est d’usage de distinguer les périodes successives de la Renaissance (marquées par des évolutions stylistiquement très pertinentes) en utilisant une terminologie italienne ; ainsi, à la suite du Trecento des primitifs italiens (XIVe siècle), le XVe siècle est couramment appelé Quattrocento et le XVIe siècle, Cinquecento.
La Renaissance peut être considérée comme un mouvement, car son histoire s’est élaborée sur la conscience d’une rupture. En effet, la principale source de référence n’est plus la tradition, mais un passé idéalisé et reconstruit, communément appelé l’Antiquité. On considérait en effet qu’au cours de la longue période du Moyen Âge avait été interrompu l’élan créatif suscité par les Grecs et par les Romains. Ce qui distingue fondamentalement la Renaissance italienne, dite humaniste, des périodes de « renaissances » qui l’ont précédée (carolingienne au IXe siècle, ottonienne aux Xe et XIe siècles, et frédéricienne au XIIe siècle), c’est l’affirmation d’une rupture, ou tout du moins d’une interruption, plutôt que la recherche d’une continuité historique.
La puissance économique des États de l’Italie centrale sous la Renaissance a entraîné un accroissement significatif des richesses et, par conséquent, des commandes artistiques ; c’est dans ce contexte que le « nouvel art » a pu prendre son essor. Peu à peu, les artistes s’élèvent du rang d’artisan à celui d’artiste, qui relève d’une profession intellectuelle ou libérale. Au cours du Cinquecento, certains étaient d’ailleurs choyés tels de véritables seigneurs. Afin de procurer à leurs commanditaires des repères d’identification clairs, les artistes de la Renaissance abandonnent progressivement tout ce qui constitue la spécificité de l’art gothique (hiératisme, mysticisme et symbolisme) et, en revanche, mettent l’accent sur l’observation du réel, se prennent de passion pour les mathématiques, les recherches sur les lois optiques, l’expérimentation technique, l’utilisation des répertoires de formes antiques, etc. Les œuvres d’art et d’architecture accèdent au statut des lettres et des sciences, autorisant par là leurs auteurs à participer aux débats philosophiques de la cité. Leon Battista Alberti définissait la peinture comme une « fenêtre ouverte sur l’Univers » : le peintre devenait selon lui un médiateur et l’art, un instrument de connaissance.