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Un héraut déchu du panafricanisme |
Alors que le Ghana a été le premier pays africain à se libérer de l’emprise coloniale, Kwame Nkrumah œuvre pour la libération des autres pays d’Afrique. Il se fait le chantre du panafricanisme militant et envisage l’unité africaine comme une véritable fusion permettant à l’Afrique de devenir l’une des plus grandes forces du monde. L’adoption à Addis-Abeba de la charte de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963, est l’un de ses grands triomphes, même si celle-ci abandonnera rapidement les doctrines radicales de l’un de ses pères-fondateurs. Soupçonné de nourrir en réalité des projets expansionnistes visant à étendre le communisme à toute l’Afrique, Kwame Mkrumah est progressivement désavoué sur la scène africaine et internationale. À l’intérieur, sa popularité est également largement entamée par l’échec de sa politique économique de nationalisations. Le mécontentement de la population face aux projets dispendieux qui ruinent le pays est réprimé dans le sang. Victime de deux tentatives d’assassinat, en 1962 et 1964, le président ghanéen, qui se fait appeler Osagyefo (« le Rédempteur »), instaure le parti unique, se nomme président à vie en 1964 et promeut un culte de sa personnalité. En février 1966, alors qu’il est en voyage en Chine, il est renversé par un coup d’état militaire. Il trouve refuge en Guinée, auprès du président guinéen Sékou Touré, et meurt d’un cancer à Bucarest, en Roumanie, le 27 avril 1972.
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