Philippe VI de Valois
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Philippe VI de Valois
3. Les débuts de la guerre de Cent Ans

La querelle se cristallise d’abord sur la question de la Guyenne, possession anglaise pour laquelle Édouard III refuse de rendre hommage au roi de France ; il conserve cette position lors de l’entrevue d’Amiens, au mois de juin 1329, et n’accepte de revenir partiellement dessus qu’au mois de mars 1331. Profitant de cette période de paix, Philippe VI s’engage dans des préparatifs pour une nouvelle croisade, dont le projet, faute de moyens, est définitivement abandonné en 1336.

La même année 1336, les relations avec l’Angleterre se détériorent de nouveau. La politique agressive de Philippe VI, dont les agents multiplient les vexations à l’égard de l’administration anglaise en Guyenne, ainsi que le soutien apporté en Écosse à David Bruce contre le prétendant appuyé par Édouard III déterminent celui-ci à tenter une manœuvre d’intimidation : contre le comte de Flandre, allié de la France, il décrète l’interdiction d’exporter de la laine anglaise en Flandre, provoquant une grave crise dans le commerce du drap (principale source de richesse de la Flandre). Ce premier acte hostile déclenche une série d’escarmouches isolées entre troupes françaises et anglaises.

En 1337, le conflit prend un tour nouveau avec la confiscation de la Guyenne par Philippe VI, tandis qu’Édouard III se met à faire valoir ses droits d’héritier de la couronne de France. Malgré la médiation du pape, la guerre de Cent Ans s’engage. Celle-ci débute fort mal pour la France, car le roi d’Angleterre dispose de solides appuis, dont celui de l’empereur germanique Louis IV de Bavière et, en Flandre, celui de la bourgeoisie marchande, regroupée derrière le drapier Jacques Van Artevelde.

Après le ravage de la Thiérache par les Anglais, en 1339, Édouard III, qui a substitué sur son sceau les armes de France à celles d’Angleterre, arme une flotte qui rencontre les navires français à l’Écluse, près de Bruges, le 24 juin 1340, bataille où les Français sont écrasés. Dès le mois de septembre, cependant, une trêve d’un an, signée à Esplechin, semble annoncer une paix durable, d’autant que le ralliement de Louis de Bavière à Philippe VI est susceptible de calmer les ardeurs anglaises.