Normandie
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
Normandie
3. Histoire

La Normandie connut sa première unité au moment de la conquête romaine, lorsqu’elle devint la province de la IIe Lyonnaise, au Ier siècle apr. J.-C. À partir du Ve siècle, elle subit, comme l’ensemble de la Gaule romanisée, les invasions barbares, en particulier celle des Francs. Incorporée au royaume de Neustrie, la Normandie fut l’un des grands foyers du monachisme aux VIe et VIIe siècles, notamment sous l’autorité de saint Wandrille, fondateur des abbayes de Jumièges, Fécamp ou encore Fontenelle. C’est peu après cette période que la région commença à connaître les incursions des guerriers vikings ou normands (de Northmanni, « hommes du Nord »), venus du nord de l’Europe.

Les premiers raids sur le littoral eurent lieu à partir du VIIIe siècle. Les attaques normandes devinrent plus dangereuses à partir de 819. Les guerriers normands profitaient de leurs bateaux à fond plat pour remonter le cours de la Seine, ravager et surtout rançonner les villes situées dans la riche vallée. Ainsi, en 845, ils attaquèrent Paris, qui ne fut sauvée que grâce au comte Eudes. À partir de la fin du IXe siècle, les Normands s’installèrent durablement dans l’estuaire de la Seine. En 911, incapable d’obtenir leur départ, le roi Charles III le Simple concéda finalement au chef normand Rollon le traité de Saint-Clair-sur-Epte, qui octroyait aux Normands l’autorité sur les territoires correspondant à l’actuelle Haute-Normandie. Progressivement, les chefs normands acquirent également l’actuelle Basse-Normandie. En 945, les rois de France reconnurent officiellement l’existence du duché de Normandie.

Redevenu tranquille, le nouveau duché prospéra rapidement grâce à une administration compétente et à la mise en place de la féodalité. Au milieu du XIe siècle, la Normandie constituait une puissance importante, suffisamment pour que le jeune duc de Normandie Guillaume s’imposât comme roi d’Angleterre.

Cousin d’Édouard le Confesseur, ce dernier l’aurait désigné en 1051 comme successeur au trône d’Angleterre avant de lui préférer finalement Harold II. À la mort d’Édouard le Confesseur, en 1066, celui qui devint Guillaume Ier fit la conquête de l’Angleterre et vainquit Harold, recevant ainsi son surnom de Guillaume le Conquérant. Au XIIe siècle, la Normandie passa, comme l’ensemble des possessions anglo-normandes, à la dynastie des Plantagenêts. Elle devint alors un des lieux privilégiés de la rivalité entre les rois de France et les rois d’Angleterre. Au début du XIIIe siècle, Philippe Auguste tenta vainement de s’emparer de la Normandie. Il était conscient de l’importance stratégique du duché qui commandait l’estuaire et la vallée de la Seine, et donc une partie des communications fluviales de Paris, située en amont du fleuve. En 1259, Henri III d’Angleterre renonça officiellement à la possession de la Normandie, qui conserva cependant une certaine autonomie dans le royaume de France. Cette région redevint une pomme de discorde entre les deux royaumes lors de la guerre de Cent Ans. Elle repassa alors aux mains de l’Angleterre.

La Normandie revint à la France en 1450. La région fut au XVIe siècle l’un des foyers de la Réforme protestante et, au XVIIe siècle, connut un important développement manufacturier grâce au textile, aux forges et au commerce maritime. Sous la Révolution française, elle fut acquise aux Girondins (Charlotte Corday, meurtrière de Marat, était originaire de l’Orne.)

Au XIXe siècle, la région ne connut qu’une industrialisation diffuse et resta rurale, spécialisée dans l’élevage. Elle fut, en juin 1944, le cadre du débarquement de Normandie. À partir du 6 juin 1944, 3,5 millions de soldats alliés débarquèrent sur les côtes normandes pour libérer l’Europe occidentale de l’emprise de l’Allemagne nationale-socialiste. La bataille de Normandie, qui dura du 6 juin à la mi-août 1944, fut l’une des plus importantes batailles de la Seconde Guerre mondiale.