Goethe, Johann Wolfgang von
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Goethe, Johann Wolfgang von
3. Années de formation
1. Influences et amitiés

Durant ses années strasbourgeoises, Goethe noue deux amitiés décisives. Il rencontre Frédérique Brion, fille du pasteur de Sesenheim, qui lui inspire un amour platonique et lui servira de modèle par la suite pour plusieurs personnages féminins (parmi lesquels celui de Marguerite dans son poème dramatique Faust), et se lie également avec Johann Gottfried Herder ; sur le plan intellectuel, cette relation avec le philosophe et critique littéraire est l’expérience la plus déterminante de sa jeunesse. En effet, c’est au contact de Herder que Goethe devient critique à l’égard des conceptions du classicisme français : il exprime alors son désaveu de la règle des trois unités (temps, lieu et action) qui caractérise la tragédie classique ; le théâtre de Shakespeare, en revanche, le séduit profondément parce que la première place y est donnée à l’expression des émotions et des sentiments. C’est toujours sous l’influence de Herder que Goethe prend conscience de la valeur de la poésie populaire et de l’architecture gothique allemandes, comme source d’inspiration pour la littérature (De l’architecture allemande, 1773).

Après avoir obtenu son diplôme, il retourne à Francfort et devient auditeur à la Chambre d’Empire.

2. Sturm und Drang

C’est à Francfort qu’il rédige Götz von Berlichingen (1773), un drame gothique publié à compte d’auteur. Construit sur le modèle des pièces de Shakespeare et nourri des récits pittoresques de Walter Scott, ce drame reprend l’histoire d’un chevalier du XVIe siècle qui, par ses exploits, devient le champion de la révolte du peuple allemand contre l’autorité impériale et cléricale. Cette pièce, que Lessing qualifie de « barbare », connaît un certain succès auprès du public et inaugure le fameux Sturm und Drang (littéralement « Tempête et Élan » ou « Tempête et Assaut »), ce courant littéraire qui constitue le premier moment du romantisme en Allemagne (1770-1790).

3. Les Souffrances du jeune Werther

En 1774, Goethe publie les Souffrances du jeune Werther, roman épistolaire qui devait le rendre immensément célèbre en quelques mois. Cette histoire sentimentale tragique trouve ses racines dans l’amour sans espoir qu’il éprouve pour Charlotte Buff, la fiancée de l’un de ses amis. Il prête à Werther ses états d’âme les plus déchirants et en fait un jeune homme qui, vivant son amour pour Lotte comme une souffrance de tous les instants, laisse la passion le ronger et le pousse à mettre fin à ses jours. Ce personnage d’inspiration autobiographique cristallisera parfaitement le désenchantement et la mélancolie d’une génération : à sa publication, le roman provoque chez les jeunes gens un phénomène d’identification tel qu’il engendrera parmi eux une véritable vague de suicides.

Au-delà de l’anecdote, cet ouvrage est le premier roman important de la littérature moderne allemande. En France comme en Allemagne, il servira de modèle à de nombreux récits qui se caractérisent par le goût de l’absolu, dans l’amour, l’art et la pensée.

4. Après Werther

Entre 1772 et 1775, Goethe rédige deux pièces de théâtre, Clavigo (1774) et Stella (1776), ainsi que plusieurs essais critiques sur des sujets littéraires. En 1773, il met la première main à son Urfaust (littéralement « Faust primitif » ou « Premier Faust »). Cependant, il se montre peu soucieux d’exploiter le succès de Werther et ne cherche guère à publier les œuvres de cette période, constituées pour une large part de textes fragmentaires et expérimentaux. À cette époque, il se fiance à Lili Schöneman, fille d’un riche banquier, mais sera vite embarrassé par l’atmosphère conformiste dans laquelle se complaît la jeune femme. Il se tournera alors vers la nature, où il trouvera une source d’inspiration pour de nombreux poèmes lyriques et des odes.