| Italie | Format lecture | ||||
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| 2. | Milieu naturel |
| 1. | Relief |
La superficie totale du pays est de 301 323 km². L’Italie a la forme caractéristique d’une botte qui s’avance au cœur de la Méditerranée, qu’elle divise en deux parties : un bassin oriental et un bassin occidental. Sa longueur maximale est de 1 360 km. Au nord, la largeur maximale est d’environ 600 km, tandis que, dans la péninsule, elle varie entre 140 km et 240 km.
Les paysages y sont contrastés mais les reliefs prédominent. En effet, les plateaux et les collines occupent 41,7 p. 100 du territoire et les montagnes 35,2 p. 100, contre 23,1 p. 100 pour les plaines. Ces dernières sont, pour la plupart, petites et fragmentées comme les plaines bordières souvent inhospitalières.
| 1.1. | Les Alpes |
Au nord, et d’ouest en est, les Alpes soudent l’Italie au continent. Cette chaîne de formation récente (tertiaire) se présente comme une frontière naturelle en arc de cercle, de Vintimille, en Ligurie, jusqu’à Gorizia, en Frioul-Vénétie-Julienne. Elle possède les massifs les plus imposants d’Italie : le massif du Mont-Rose partagé avec la Suisse et qui comporte plusieurs sommets atteignant les 4 000 m d’altitude : le Viso (3 841 m), le Grand Paradis (4 061 m) et ses glaciers ; ainsi que le mont Blanc (en italien monte Bianco) commun avec la France et qui culmine à 4 810 m.
Dans sa partie septentrionale, la chaîne alpine appartient à l’ensemble des Préalpes calcaires abritant le massif des Dolomites. Les Alpes Liguriennes, Maritimes et Grées constituent la zone occidentale des reliefs, entaillés de vallées profondes. Le centre se caractérise par les Alpes Pennines qui culminent au mont Cervin (4 478 m), dans la région du Val d’Aoste, les Alpes lépontiennes, rhétiques et bergamasques. Enfin, l’est du territoire abrite les Alpes de l’Adige, les Alpes carniques et les Alpes juliennes, avec le sommet Palla Bianca (3 736 m).
Dans sa partie méridionale, la chaîne présente de grands lacs creusés lors des glaciations du quaternaire, phénomènes qui provoquèrent aussi l’apparition des cols et des ouvertures par où cheminent des réseaux de communication.
| 1.2. | La plaine du Pô |
Au sud des Alpes, à l’ère tertiaire, des sédiments se sont accumulés pour créer la plaine du Pô, ou plaine padane. Couvrant quatre régions (Piémont, Lombardie, Émilie-Romagne, Vénétie), cette vaste étendue (46 000 km2) ressemble à un triangle allongé. Elle est exceptionnelle dans ce pays de reliefs et constitue à la fois un jardin prospère et le « poumon » industriel de l’Italie.
Dans sa partie occidentale, à la bordure alpine du Piémont, elle est constituée de dépôts morainiques, puis de hautes terres suivies de basses terres endiguées (Lombardie, Émilie-Romagne). À l’est, elle se termine en zones marécageuses (Vénétie).
La côte adriatique est bordée par le Tavolière des Pouilles, la plaine de Bari et celle d’Otrante. Le long de la mer Tyrrhénienne s’étirent la vallée de l’Arno, la Campagne romaine, la plaine de Campanie et la Maremme toscane.
| 1.3. | Les Apennins |
Les monts Apennins constituent l’épine dorsale de l’Italie, mais c’est aussi une barrière naturelle rendant les communications difficiles. Formés au tertiaire, les Apennins s’étendent sur 1 290 km, depuis le sud de la plaine padane jusqu’à la Calabre, et même la Sicile. Ils se divisent en trois ensembles géographiques.
Les Apennins septentrionaux, aux roches argilo-gréseuses, s’élèvent du golfe de Gênes (Apennins ligures), où ils sont reliés aux Alpes par le col d’Altare, jusqu’à la source du Tibre, en Toscane. Là, ils culminent au mont Cimone (2 167 m) et se présentent comme une chaîne cristalline, dite « apuane », qui fournit le marbre de Carrare.
Les Apennins centraux s’étendent ensuite jusqu’aux monts calcaires des Abruzzes où se trouve le massif culminant de la chaîne : le Gran Sasso (2 914 m au Corno Grande). À l’est, après Rimini, la côte adriatique est bordée par des éperons qui ne laissent aucune place à la plaine. À l’ouest, la côte tyrrhénienne est constituée par la Campagne romaine (l’agro romano) et les marais Pontins qui sont longtemps demeurés des plaines marécageuses avant d’être bonifiés.
Les Apennins méridionaux comprennent aussi de hauts sommets, notamment en Calabre avec le mont Pollino (2 248 m) et le Sorino (2 007 m) au nord, la Sila (1 929 m) et l’Aspromonte (1 956 m) au sud. Ils se prolongent au-delà du détroit de Messine et traversent la Sicile, où l’Etna (3 323 m) témoigne d’une activité volcanique toujours dangereuse pour l’Homme.
| 1.4. | Le littoral |
Les côtes italiennes s’étendent sur 7 600 km, dont 3 766 km pour la Sardaigne, la Sicile et l’île d’Elbe. Elles sont naturellement peu favorables au développement d’une vie maritime locale, et c’est par des artifices et de grands travaux d’infrastructures que l’Italie a surmonté cet inconvénient.
La côte de la mer Adriatique, sablonneuse, aux eaux peu profondes, est difficilement accessible aux grands navires, hormis à Trieste. C’est sur les côtes occidentales que l’on trouve les meilleurs emplacements portuaires, occupés parfois depuis l’Antiquité : Gênes et son golfe, Naples que domine le Vésuve, et, un peu plus au sud, le golfe et le port de Salerne.
Plusieurs îles sont disséminées dans la mer Tyrrhénienne : les îles Pontines, Ischia, Procida et Capri, dans la baie de Naples.
Les côtes siciliennes occidentales sont élevées et rocheuses ; elles sont très découpées en mer Ionienne. Au large de la côte tyrrhénienne, s’élève l’île volcanique Stromboli dans l’archipel des îles Éoliennes. La Sardaigne abrite également un littoral découpé par des golfes tel celui de Cagliari.
| 2. | Hydrographie |
Dans l’ensemble, les cours d’eau italiens, peu profonds, souvent à sec l’été, sujets aux crues en hiver et au printemps, ne sont guère utilisables pour la navigation et l’activité industrielle.
Au contraire du Sud, le Nord bénéficie d’un système fluvial équilibré. Il est traversé par deux fleuves principaux qui prennent leur source dans les Alpes et se jettent dans l’Adriatique.
Le Pô (652 km) assure l’unité de l’Italie continentale et reçoit de nombreux affluents (Tessin, Adda, Tanaro, Sesi, Trébie). Il prend sa source au mont Viso, près de la frontière française (Alpes-Maritimes) et se dirige vers Turin où il devient navigable. Son cours, régulé par des digues, draine ensuite la vaste plaine padane et irrigue Crémone, avant laquelle il décrit des méandres. Puis le Pô passe au nord de Ferrare et commence à former un vaste delta de 100 km avant de déverser ses eaux dans la mer. Chargé d’alluvions, il s’exhausse fréquemment, au point d’atteindre le niveau du premier étage des maisons à Ferrare, ce qui nécessite son endiguement.
L’Adige (410 km) émerge au col de Resia, près de la frontière autrichienne, coule dans le Trentin-Haut-Adige, rejoint Trente, puis Vérone et bifurque à l’est pour se jeter dans l’Adriatique, au-dessus du delta du Pô. La région du nord-est est drainée par le fleuve Piave sur 220 km.
Le centre de l’Italie comprend principalement deux fleuves, qui naissent dans les monts Apennins, en Toscane. L’Arno (240 km), prend sa source dans le Monte Flaterona, décrit une boucle (Val-d’Arno), arrose Florence et Pise, avant de finir dans une plaine basse et marécageuse, et de se jeter dans la Méditerranée, au nord de Livourne. Il est connu pour ses crues soudaines qui valurent à Florence de graves inondations en 1966. Le Tibre (406 km) prend sa source au mont Fumaiolo. Alimenté sur son parcours par la Paglia, la Nera et l’Aniene, il traverse la Toscane, l’Ombrie, le Latium, dont Rome. Il aboutit à la mer Tyrrhénienne, près de la cité antique d’Ostie, où son embouchure avance de 4 m par an.
L’Italie compte également de nombreux lacs. Outre les grandes surfaces alpines et préalpines comme le lac de Garde (370 km²), entre Vénétie et Lombardie, le lac Majeur (212 km²), entre Piémont et Lombardie, ou le lac de Lugano (50 km2), entre Lombardie et Suisse, on trouve des plans d’eau d’origine volcanique comme à Bolsena (114 km2) et Bracciano, dans le Latium. Le lac Trasimène (129 km2) occupe un bassin d’effondrement en Ombrie. L’Oglio, un affluent du Pô, traverse le lac d’Iseo, dans le nord du territoire et la Campanie abrite le lago d’Averno dans un cratère volcanique éteint.
Quant aux lacs « côtiers », ils ne communiquent pas toujours avec la mer de façon naturelle. Il arrive que l’on puisse à peine les distinguer des lagunes (Venise, Caorie, Grado) nombreuses sur la côte septentrionale de l’Adriatique.
En décembre 1993, la loi Galli a fixé de nouvelles règles en matière d’exploitation de l’eau. Son objectif était de réduire le pouvoir quasi exclusif des 5 500 entreprises d’État au profit d’un secteur privé. En 1994, 1,4 p. 100 du réseau était géré par le privé.
| 3. | Climat |
Méditerranéen, donc généralement doux, le régime climatique italien est pourtant contrasté. Malgré cette diversité, les températures annuelles moyennes varient peu, entre 11 °C et 19 °C. Le climat évolue en fonction de trois facteurs : le relief (notamment les monts Apennins), la mer plus ou moins proche et l’étirement du pays sur dix degrés de latitude. Cette conjonction laisse apparaître en fait quatre types de régions.
Au nord, les Alpes qui bordent la plaine du Pô connaissent un climat de montagne, de même que les sommets des Apennins.
Le régime de la plaine du Pô, de type semi-continental, est caractérisé par des étés chauds et orageux, des hivers froids et humides. Ainsi, la ville de Plaisance est aussi froide que Berlin au mois de janvier. La province de Frioul, avec 1 525 mm de précipitations par an en moyenne, est la plus humide d’Italie.
En revanche, le climat est semi-tropical sur la Riviera (San Remo), au bord de la Méditerranée, non loin de la frontière française.
Le climat méditerranéen proprement dit débute avec les Apennins, à partir d’une ligne qui va de Rimini (est) à Gênes (ouest). Il se caractérise par des étés chauds et secs, des hivers doux, un ensoleillement quasi constant et des précipitations irrégulières. Dans les plaines et sur les pentes peu élevées des Apennins toscans, jusqu’à Rome, les hivers sont doux et ensoleillés, et les températures extrêmes atténuées par les vents de la Méditerranée. Les températures sont beaucoup plus basses aux mêmes latitudes à l’est, en raison de vents froids de nord-est (la bora de Venise et de Trieste).
Plus on progresse vers le sud et plus il fait chaud et sec. Les Pouilles et la Sicile septentrionale sont d’ailleurs les provinces où les précipitations sont les plus faibles : 460 mm par an. En Calabre, une longue sécheresse estivale précède des automnes et des printemps pluvieux. Le mistral et le sirocco sont des vents violents qui soufflent en Sardaigne et en Sicile.
| 4. | Végétation et faune |
| 4.1. | Végétation |
Comme le climat, la végétation contribue aux grands contrastes entre le continent, la péninsule et les îles. Dans les Alpes, chênes et châtaigniers se rencontrent jusqu’à 1 000 m d’altitude, de même que le seigle (jusqu’à 1 700 m), l’orge, les pommes de terre et les cultures fourragères. Plus haut apparaît le hêtre, qui cède la place, au-dessus de 1 500 m, au mélèze, au sapin blanc et rouge, au pin sylvestre. Entre les forêts de hêtres et de conifères, clairières et sous-bois offrent des pâturages de demi-saison aux ovins et aux bovins. À partir de 2 500 m commencent les zones végétales qui servent de pâturages d’été aux troupeaux. Quelques exceptions n’altèrent pas l’ensemble, comme en Vénétie et en Émilie-Romagne, régions de transition, où l’influence méditerranéenne se fait sentir : le cyprès y voisine avec les arbres à feuilles caduques.
Dans la plaine du Pô règne un paysage coupé de canaux et de lignes d’arbres. Saules et peupliers encadrent des rangées de mûriers et des vignes grimpant jusque dans les arbres. La végétation devient méditerranéenne au fur et à mesure que l’on s’avance vers le sud. Elle est souvent constituée de plantes capables de résister au froid comme à la chaleur : chênes verts, chênes-lièges, pins parasols et arbustes (cistes, myrtes, lentisques, cactées, cyprès et eucalyptus).
Jadis, les Apennins portaient de superbes forêts, qui ont été ravagées par la transhumance des troupeaux de moutons et de chèvres. La vigne, l’olivier, l’amandier y poussent jusqu’à 800 m d’altitude. Le froid et la latitude opèrent une sélection rigoureuse du manteau végétal. Le hêtre, qui pousse jusqu’à 2 000 m en Calabre, ne dépasse pas 1 200 m dans les Apennins du centre.
L’oranger vit en pleine terre seulement dans les endroits où il trouve un climat « abrité », comme en Ligurie et au sud à partir du golfe de Gaète. Les arbres fruitiers les plus répandus sont le figuier, l’amandier, le citronnier et le grenadier.
En Sicile, les plaines rendues cultivables par l’assèchement, comme à Catane, portent de magnifiques cultures. Le maquis méditerranéen a été remplacé par des vignobles et des plantations d’agrumes. En Sardaigne, la région sans doute la plus pastorale de l’Italie, des bois de chênes subsistent au-dessus du maquis. Le maquis sarde est sans doute le plus luxuriant que l’on puisse trouver sur un sol italien ; s’y trouvent rassemblées toutes les espèces adaptées à un soleil intense. Autour de Cagliari, la plaine du Campidano évoque le terroir tunisien : figuiers de Barbarie en clôture, orangers, amandiers, cédratiers, palmiers poussent facilement.
| 4.2. | Faune |
Il reste un nombre limité de marmottes, de chamois et de bouquetins dans les Alpes (Parc national du Grand Paradis). L’ours ne subsiste plus que dans le Parc national des Abruzzes (Apennins centraux) créé en 1923 et s’étendant sur 40 000 ha. Le mouflon peuple le massif du Gennargentu, en Sardaigne. Le loup reste le prédateur caractéristique de la chaîne des Apennins et des Abruzzes. Les sangliers abondent dans les zones montagneuses. Le milan, oiseau prédateur, est typique du bassin méditerranéen.
| 5. | Ressources et contraintes du milieu naturel |
Les chaînes montagneuses des Alpes et des Apennins morcellent et cloisonnent le territoire. L’Italie doit faire face à plusieurs problèmes naturels. Des maladies, telles que le paludisme, sévissent parfois dans les régions lacustres et les marais. Les tremblements de terre ont fréquemment ravagé l’Italie, 5 000 secousses sismiques ont eu lieu depuis l’Antiquité ; le tremblement de terre de Messine, en 1908, fit 100 000 victimes. Le pays doit également faire face aux glissements de terrain massifs, qui créent des difficultés de circulation, et aux crues des fleuves, qui provoquent parfois des inondations. Enfin, les volcans, résultats de l’activité du Quaternaire, sont présents dans le sud du territoire. Certains sont encore actifs : l’Etna (3 323 m), en Sicile ; le Stromboli, surnommé le « fanal de la Méditerranée » au nord-ouest du détroit de Messine, dans les îles Éoliennes et le Vulcano.