Cage, John Milton
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Cage, John Milton
3. Musique aléatoire

En 1942, Cage s’installe à New York. Influencé par le bouddhisme zen, il cherche à découvrir la musique dans la vie et dans l’environnement et en vient à reconsidérer la notion de création. Il utilise fréquemment le silence comme élément musical, les sons devenant des entités suspendues dans la durée, et explore les manières de faire entrer une part de hasard dans sa musique, en s’inspirant notamment du Yijing (« Livre des mutations »), livre de divination chinois. Ainsi, dans Music of Changes (1951), écrit pour le piano, certaines combinaisons de notes interviennent selon une séquence déterminée par des jets de pièces de monnaie. Dans 4' 33'' (1952), les exécutants sont assis en silence auprès de leurs instruments ; ce sont les sons de l’environnement qui constituent la musique. Comme Theatre Piece (1960) pour 1 à 8 exécutants, œuvre dans laquelle des musiciens, des danseurs et des mimes effectuent des actions choisies au hasard, 4' 33'' fait disparaître les frontières qui séparent la musique, le son et les phénomènes non musicaux.

Laissant aux exécutants une grande partie des décisions créatrices (ou simplement fonctionnelles), Cage exploite ce concept de musique aléatoire dans toute une série d’œuvres ; certaines, comme Water Music (1952), comportent, outre des performances sonores, des éléments visuels ; d’autres constituent des événements théâtraux — quoique non narratifs — et font appel à une distribution importante. C’est le cas de Musicircus (1967) et de Roaratorio: an Irish Circus on Finnegans Wake (1979) pour bande magnétique, où musiciens traditionnels irlandais et danseurs récitent (lisent au hasard des morceaux choisis du roman de Joyce).