Directoire
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Directoire
3. La politique du Directoire

Durant toute la période, le Directoire est confronté à une grave crise financière et doit parallèlement faire face à de constantes menaces, sur sa droite comme sur sa gauche.

1. Une grave crise financière

La dépréciation de l'assignat et l'échec des mandats territoriaux mettant le régime au bord de la banqueroute, le Directoire se résout au retour de la monnaie métallique, le 17 mars 1797. L’action est tardive et insuffisante ; le 30 septembre 1797, l’État doit annuler purement et simplement 66 p. 100 de sa dette (banqueroute des « deux tiers »), ce qui permet une relative stabilisation financière au détriment des porteurs. La période du Directoire voit cependant le triomphe de la bourgeoisie. Le fossé entre riches et pauvres s'accroît sensiblement, provoquant de nombreuses agitations populaires, notamment celle animée par le révolutionnaire Gracchus Babeuf. Le Directoire réplique en réprimant sévèrement la conjuration des Égaux (mai 1796) et le mouvement jacobin renaissant.

2. Des tensions politiques

La contre-révolution royaliste profite de la fragilisation du pouvoir pour accroître son influence et remporte les élections de mai 1797 (germinal an V) mais sa poussée est arrêtée par l'annulation du scrutin, qui constitue le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Le Directoire est bientôt confronté à une nouvelle crise politique. Les élections d’avril 1798 (germinal an VI), qui voient la victoire des néo-jacobins, sont cassées le mois suivant (22 floréal). Les jacobins prennent leur revanche lors du coup de force de prairial an VII (18 juin 1799), quand les conseils contraignent à la démission trois des cinq directeurs.

3. Les campagnes militaires ou l’ascension de Bonaparte

À l'extérieur, le Directoire tente de compenser ses échecs par l'exploitation économique des Républiques sœurs (batave, helvète, etc.) et par de nouvelles conquêtes, comme en Italie et en Égypte, où les campagnes militaires sont confiées à Napoléon Bonaparte, respectivement en 1796-1797 et en 1798-1799. Les puissances européennes répliquent par la création de la deuxième coalition (1798-1802).

En 1799, les revers militaires et les soulèvements contre-révolutionnaires affaiblissent le Directoire. Le 9 novembre, il est renversé par Napoléon Bonaparte (coup d'État du 18 brumaire an VIII), qui institue le Consulat.