Format recherche protestantisme

Pour rechercher un mot ou une expression dans cet article, sélectionnez dans votre navigateur Internet l'option qui vous permet de faire des recherches dans une page. Dans Internet Explorer, cette option se trouve sous le menu Edition.

Étant donné que la recherche s'effectue exactement sur le mot ou l'expression que vous avez tapés, essayez, si la recherche n'aboutit pas, de vérifier l'orthographe du mot tapé ou de trouver un autre mot clé pour le sujet concerné.

protestantisme
1. Présentation

protestantisme, religion chrétienne, l’une des trois principales branches du christianisme, les deux autres étant le catholicisme et l’orthodoxie.

Le protestantisme est né au xvie siècle d’une volonté de réforme de l’Église d’Occident, qui a abouti à la Réforme protestante et à la séparation des Églises réformées de l’Église catholique. L’objectif affiché des premiers réformateurs était de revenir à la foi chrétienne des origines, tout en conservant ce qu’ils jugeaient positif de la tradition catholique.

Les principaux courants protestants issus de la Réforme sont les luthériens (aussi appelés évangélistes en Europe), les calvinistes (ou réformés) et les anabaptistes, auxquels on peut joindre les anglicans (dont le dogme est un syncrétisme du protestantisme et du catholicisme). En dépit d’importantes divergences doctrinales et rituelles, tous s’accordent à rejeter l’autorité du pape pour y substituer celle de la Bible et la foi individuelle.

Le nom de « protestants » est donné au mouvement lors de la seconde diète impériale de Spire (1529), après que la majorité catholique a aboli la tolérance reconnue trois ans plus tôt aux luthériens, lors d’une précédente diète. Six princes luthériens, suivis par les municipalités de 14 villes libres allemandes, rédigent une protestation, à la suite de laquelle les luthériens sont habituellement désignés comme les protestants. Le terme protestant en vient progressivement à désigner toute Église chrétienne qui n’est ni catholique, ni orthodoxe, ni rattachée à aucune autre tradition chrétienne orientale. À l’aube du deuxième millénaire, on comptait environ 473 millions de protestants dans le monde, soit à peu près un quart des chrétiens.

2. Histoire du protestantisme

Dès avant la Réforme proprement dite au xvie siècle, des mouvements dissidents au sein de l’Église médiévale s’élèvent contre la corruption des clercs et critiquent plusieurs des enseignements catholiques fondamentaux.

1. Les précurseurs

Au xiie siècle, les vaudois, disciples du marchand lyonnais Pierre Valdo, pratiquent un christianisme simple et non corrompu, inspiré de l’Église primitive. Le mouvement se développe surtout en France et en Italie, et survit aux violentes persécutions de la croisade des albigeois. Beaucoup de vaudois adoptent le calvinisme à la suite de la Réforme et subissent de nouvelles persécutions au xvie siècle : massacres d’Avignon et de Mérindol en 1545.

En Angleterre, vers 1380 apparaît le mouvement des lollards inspiré par le théologien John Wycliffe, qui rejette l’autorité des prélats corrompus, ainsi que divers enseignements catholiques traditionnels. Les lollards survivent également aux persécutions et jouent un rôle dans la Réforme anglicane.

L’enseignement de Wycliffe influence également le réformateur tchèque Jan Hus, dont les adeptes appelés hussites réforment l’Église de Bohême et obtiennent une réelle indépendance après le martyr de Jan Hus, en 1415, et les guerres qui s’ensuivent. Beaucoup se convertissent au luthéranisme au xvie siècle.

2. La Réforme

Plusieurs circonstances historiques contribuent à expliquer le succès de Martin Luther et des réformateurs du xvie siècle. Les pouvoirs de l’empereur germanique (catholique) et du pape diminuent ; ils sont surtout préoccupés alors par la menace turque. La mise au point de l’imprimerie au xve siècle facilite la propagation des pamphlets religieux en langues vernaculaires et, notamment en Europe du Nord, favorise la diffusion de l’enseignement protestant.

2.1. Martin Luther

L’histoire a retenu, comme début de la Réforme, la publication en 1517, par Martin Luther, de 95 thèses, dans lesquelles il condamne la vente systématique des indulgences pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre à Rome. Moine augustin et professeur de théologie à l’université de Wittenberg, Luther ne se satisfait pas de l’enseignement catholique traditionnel sur la question du salut. Il élabore la doctrine de la justification par la grâce divine au travers de la foi. Il juge la foi négligée par une théologie catholique qui a placé sur le même plan l’efficacité des « bonnes œuvres ». À ses yeux, la vente abusive d’indulgences découle de l’importance accordée aux œuvres au détriment de la foi.

Martin Luther n’a d’abord pour intention que de promouvoir une réforme au sein de l’Église catholique ; il se heurte à une vive opposition. Refusant de renier ses opinions et exigeant qu’on lui démontre ses erreurs en s’appuyant sur l’Écriture, il en vient à rejeter l’autorité de l’Église et se retrouve excommunié. Protégé par Frédéric le Sage, duc de Saxe, il peut développer ses idées dans une série de livres et de pamphlets religieux : elles se répandent ainsi rapidement à travers l’Allemagne puis dans toute l’Europe. En Scandinavie, des Églises luthériennes sont organisées relativement rapidement.

2.2. Ulrich Zwingli

Un peu plus tard, dans la lignée de la rébellion luthérienne, un mouvement réformateur encore plus radical se fait jour en Suisse, à Zurich, sur l’initiative du pasteur Ulrich Zwingli. Au terme de ses études bibliques, Zwingli arrive à la conclusion que l’on doit conserver, dans la doctrine et les rites de l’Église, uniquement ce qui se trouve spécifié dans les Écritures. Alors que les luthériens conservent nombre d’éléments de la liturgie médiévale, Zwingli instaure une liturgie simplifiée et présente l’eucharistie comme une cérémonie purement symbolique. Les réformes de Zwingli sont adoptées sans conflit par le conseil municipal de Zurich, puis s’étendent à d’autres villes suisses.

2.3. Jean Calvin

Le principal réformateur de la génération suivante est Jean Calvin, théologien français installé à Genève en 1536. Sans être aussi radicales que celles d’Ulrich Zwingli sur le plan doctrinal, les réformes de Calvin associent l’Église et l’État en un régime sévère, destiné à garantir la rigueur morale et doctrinale des croyants. Calvin rédige aussi le premier catéchisme systématique de théologie protestante, organise les églises selon un modèle presbytérien démocratique et fonde des universités influentes.

John Knox s’y forme avant d’introduire le calvinisme en Écosse, où il donne naissance à l’Église presbytérienne établie. Le calvinisme se répand également en France, où ses fidèles sont appelés les huguenots, et en Hollande, où il contribue à l’essor du sentiment national néerlandais face à l’Espagne catholique occupante.

2.4. Les sectes radicales

Tandis que les luthériens et les calvinistes organisent leurs Églises, apparaissent de nouveaux courants protestants plus radicaux. Ils jugent que le protestantisme établi ne va pas assez loin dans la simplicité du christianisme biblique. Ils s’attaquent donc, avec une égale violence, aux Églises protestantes établies et à l’Église catholique ; ils sont en retour violemment persécutés par les deux camps.

Plusieurs de ces groupes suscitent des révoltes politiques ou s’attaquent aux églises dont ils détruisent les images, les vitraux, les statues et les orgues. Presque tous rejettent le lien entre l’Église et l’État. La plus significative de ces sectes est celle des anabaptistes, surtout présente en Allemagne et aux Pays-Bas, jouant un rôle majeur dans la guerre des Paysans. Ils rejettent le baptême des jeunes enfants et le réservent aux croyants adultes. D’autres courants renoncent à tout usage de la force : ainsi les mennonites, secte anabaptiste née en Hollande et en Suisse, tentent de former des communautés pacifistes vivant en autarcie et fondées sur les principes du Nouveau Testament. Tous ces groupes influencent fortement le mouvement anglais des quakers, apparu dans les années 1640. Beaucoup de ces petites sectes, à commencer par les puritains, fuient la persécution en émigrant vers les colonies américaines. Plusieurs colonies du Nord sont fondées par l’une ou l’autre secte, surtout luthériennes, mennonites et anabaptistes ; en revanche, dans les colonies du Sud, l’Église anglicane s’impose comme l’Église établie.

2.5. Le schisme anglican

En 1534, le roi Henri VIII d’Angleterre s’arroge l’autorité ecclésiastique, jusqu’alors exercée par le pape. L’anglicanisme devient alors la religion d’État. Dans cette affaire, le souverain a été plus motivé par la volonté d’obtenir l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon que par un appétit de réformes doctrinales. Aussi maintient-il les principes majeurs du catholicisme médiéval. Puis, sous les règnes d’Édouard VI et d’Élisabeth Ire, l’Église anglicane adopte un symbole (credo) protestant, formulé dans les Trente-neuf Articles. Le rite anglican et l’organisation de l’Église d’Angleterre conservent cependant beaucoup des formes du catholicisme — ce qui lui vaut les critiques des dissidents calvinistes, les puritains (voir puritanisme).

3. Réactions à la Réforme
3.1. Les guerres de Religion en Europe

L’histoire des débuts du protestantisme est marquée par des guerres dont les causes sont en général autant politiques que religieuses. En Allemagne, les guerres de Religion du xvie siècle puis la guerre de Trente Ans au siècle suivant dévastent et affaiblissent durablement le pays. En France, huguenots et catholiques se livrent à une guerre sanglante, qui culmine en 1572 avec le massacre de la Saint-Barthélémy, au cours duquel plus de 3 000 huguenots sont assassinés (voir guerres de Religion). La paix civile est rétablie et la tolérance instaurée à l’égard des huguenots par le roi Henri IV, qui promulgue l’édit de Nantes en 1598 ; lors de sa révocation par Louis XIV, en 1685, beaucoup d’entre eux quittent la France. En Angleterre, la guerre civile entre Parlement et monarchie recouvre la division entre puritains et anglicans.

Après le traité de Westphalie, qui met fin aux guerres de Religion allemandes en 1648, le protestantisme entre dans une période de consolidation. Une orthodoxie protestante est précisément définie et systématiquement appliquée tout au long du xviie siècle : on a appelé ce mouvement — insistant sur l’autorité sans faille de la Bible et sur une logique rigoureuse — « scolastique protestante », par analogie avec la théologie systématiste du Moyen Âge.

3.2. Le piétisme

Au cours des années 1670 et en réaction à l’intellectualisme de l’orthodoxie protestante se développe en Allemagne un mouvement appelé le piétisme, dirigé par le pasteur allemand Philipp Jakob Spener. Les fidèles se réunissent par petits groupes au domicile de l’un d’entre eux, afin d’y étudier la Bible et de prier. Le piétisme met l’accent sur la conversion personnelle et la simple piété, plus que sur l’adhésion à des propositions théologiques correctes. Il se répand assez largement en Allemagne, en Scandinavie et aux États-Unis.

3.3. Les courants rationalistes

À la fin du xviie et au début du xviiie siècle, l’influence de la pensée scientifique se reflète dans diverses formes de rationalisme. On voit d’abord apparaître des courants comme l’arminianisme, qui rejette la doctrine calviniste de la prédestination absolue, ou le latitudinarisme, tendance tolérante et antidogmatique issue de l’Église d’Angleterre au xviie siècle.

Le rationalisme introduit l’esprit critique dans la théologie et souligne que les croyances traditionnelles doivent être réétudiées à la lumière de la raison et de la science. Se préoccupant d’abord de la cohérence globale des doctrines plutôt que de points précis de la théologie, il réduit l’influence des orthodoxies rigides développées depuis le début du xviie siècle. L’expression achevée du rationalisme est le déisme, religion philosophique qui rejette la révélation, les miracles et les enseignements dogmatiques de toutes les Églises.

D’autres formes de rationalisme protestant se développent au xviiie siècle, par exemple l’unitarisme, né en Europe au xvie siècle sous l’appellation de socinianisme, d’après le nom de l’oncle du réformateur italien Fausto Socini (1539-1604) dit Socinus, lui-même réformateur. Après 1689 et l’acte de Tolérance, l’unitarisme peut être prêché en Angleterre puis, au xviiie siècle, dans les colonies américaines (Nouvelle-Angleterre). Les unitariens refusent les doctrines de la Trinité et la divinité de Jésus-Christ, préférant insister sur son enseignement moral.

3.4. Le méthodisme et le revitalisme

La réaction antiformaliste, qui a suscité le piétisme, se poursuit de son côté au cours du xviiie siècle. Plusieurs mouvements populaires se développent, qui font directement appel à l’expérience religieuse émotionnelle.

En Angleterre, ce mouvement prend la forme du méthodisme, fondé par John Wesley et Charles Wesley, deux frères influencés par le piétisme et l’arminianisme. Au cours de grands rassemblements en plein air à travers toute l’Angleterre, ils prêchent la conversion personnelle et le souci des plus pauvres. Leur prédication contribue au regain de la ferveur religieuse dans la classe ouvrière britannique, jusque-là rebutée par le formalisme hautain de l’Église anglicane d’Angleterre. Désapprouvé officiellement, le méthodisme finit par se séparer de l’Église anglicane et devient l’une des confessions non conformistes.

Dans les colonies américaines, l’évangéliste anglais George Whitefield entreprend une tournée de prêches qu’il tient au cours de grandes célébrations religieuses en plein air. Il inspire le premier Grand Réveil (Great Awakering), regain général d’enthousiasme religieux aux États-Unis.

4. Le protestantisme au xixe siècle

Au cours du xixe siècle, le protestantisme s’élargit aux dimensions du monde au prix d’une intense activité missionnaire. De nouvelles sectes et tendances théologiques continuent à se manifester. Le théologien le plus influent du siècle est l’Allemand Friedrich Schleiermacher, qui présente la religion comme un sentiment intuitif de dépendance envers l’Infini (ou Dieu), ce qu’il suppose une expérience universelle de l’humanité. Cette primauté de l’expérience sur le dogme est également affirmée par l’école théologique du protestantisme libéral. Les théologiens libéraux, soucieux de réconcilier la religion et la science moderne, ont recours aux techniques historiques et critiques de l’exégèse biblique afin d’établir la distinction entre la part historique de la Bible et ce qu’ils considèrent comme des ajouts mythologiques ou dogmatiques.

4.1. Le revitalisme

Le revitalisme continue d’exercer une certaine influence dans le monde protestant, en particulier aux États-Unis. De nouveaux groupes revitalistes apparaissent, tels les adventistes.

4.2. Les problèmes de société

Les protestants jouent un rôle important dans plusieurs mouvements humanitaires et réformistes du xixe siècle. En Angleterre, des évangélistes sont à la tête de la contestation qui aboutit à l’abolition de l’esclavage dans les dominions britanniques ; aux États-Unis, les évangélistes mènent également des campagnes actives contre l’esclavage, ce qui entraîne des schismes dans plusieurs Églises. Confrontés à la misère née de la révolution industrielle, des courants comme le socialisme chrétien ou l’évangile social tentent de provoquer des changements sociaux fondamentaux au nom des principes chrétiens.

5. Le protestantisme depuis le xxe siècle

Au xxe siècle, des réactions se manifestent contre le libéralisme théologique. La première est le fondamentalisme, mouvement américain issu du revitalisme qui insiste sur l’absolue infaillibilité de la Bible. Après la Première Guerre mondiale, l’évangélisme, forme modérée du fondamentalisme, devient un courant important du protestantisme américain.

La seconde est une théologie de crise ou néo-orthodoxie, qui apparaît comme une réponse aux souffrances de la Première Guerre mondiale : elle est associée au théologien suisse Karl Barth qui réaffirme le caractère coupable de l’humanité, la transcendance absolue de Dieu et la dépendance de l’homme à l’égard de Dieu, toutes doctrines essentielles de la Réforme. En revanche, et contrairement aux fondamentalistes, Barth accepte les résultats de l’érudition biblique moderne.

Le mouvement œcuménique représente un autre apport important du xxe siècle et suscite l’apparition de nouvelles confessions protestantes à travers le monde ; il amène la fondation du Conseil œcuménique des Églises en 1948. Les protestants y entament un dialogue avec les Églises catholique et orthodoxe ainsi qu’avec des religions non chrétiennes.

Le protestantisme a conservé son caractère dynamique. Beaucoup de changements sont intervenus durant et depuis les années 1960, en particulier pour attirer les jeunes au culte. Les questions de l’ordination des femmes, de la modernisation du langage liturgique, de la fusion avec d’autres Églises ainsi que l’inusable problème de l’interprétation de la Bible et de sa relation avec la vérité scientifique, ont divisé bien des Églises. Mais les caractéristiques des premiers protestants, la volonté de remettre en question les idées reçues, de protester contre les excès et de défier les autorités établies, ont été conservées, pour l’essentiel, dans le protestantisme du xxe siècle, qui continue à exercer une influence profonde sur la culture et la société contemporaines.

3. Croyances et rites protestants

Dans leur ensemble, les Églises protestantes ont conservé plusieurs des principales doctrines catholiques et orthodoxes, telles que la Trinité, l’expiation et la résurrection du Christ, l’autorité de la Bible et les sacrements du baptême et de l’eucharistie (ou cène). En revanche, certaines doctrines et rites distinguent la tradition protestante des deux autres traditions chrétiennes.

1. La justification par la grâce au travers de la foi

Martin Luther croit que le salut ne dépend ni des efforts ni du mérite de l’homme mais seulement de la grâce accordée volontairement par Dieu et reçue dans la foi. Selon lui, les bonnes œuvres ne doivent pas être dédaignées, mais considérées comme le résultat de la grâce accordée par Dieu, se manifestant dans la vie du croyant. Cette doctrine de la justification par la grâce au travers de la foi est devenu un principe fondamental des Églises protestantes (voir salut).

Martin Luther juge que le catholicisme a trop insisté sur l’intérêt pour le croyant d’acquérir des mérites et d’obtenir la faveur divine par les bonnes actions, le jeûne et les pèlerinages et, bien évidemment, en achetant des indulgences. Aux yeux des protestants, tout ceci tend à rendre inutile le sacrifice rédempteur du Christ. Les réformateurs ont voulu plutôt insister sur la miséricorde de Dieu qui accorde sa grâce à des pécheurs indignes, au moyen de l’action salvatrice de Jésus-Christ.

2. L’autorité de la Bible

Les protestants affirment l’autorité de la Bible, l’unique source et la norme de leur enseignement ; ils rejettent la position catholique reconnaissant l’autorité suprême du pape pour tout ce qui concerne la morale et la foi. Martin Luther et ses successeurs ont donc entrepris de traduire la Bible afin de permettre aux laïcs de l’étudier et d’avoir recours à leur libre jugement en ce qui concerne la doctrine.

Malgré cet accord général sur l’autorité de la Bible, les protestants sont en désaccord sur des questions d’interprétation et d’érudition biblique. Les uns acceptent les résultats de la « critique supérieure » et de l’étude historico-critique de la Bible, développées au cours des xixe et xxe siècles ; ils nient l’authenticité de certains passages de la Bible ou en présentent une interprétation symbolique ou allégorique. Les autres, des protestants conservateurs tels que les fondamentalistes ou la plupart des évangélistes, insistent sur le caractère infaillible de la Bible non seulement quant aux problèmes de foi, mais aussi dans tous les domaines de l’histoire, de la géographie et de la science. Par ailleurs, certains parmi les protestants n’admettent que le jugement individuel pour résoudre les problèmes d’interprétation biblique, tandis que d’autres s’en remettent aux credo formulés par les Églises pour guider leurs membres.

3. La prêtrise de tous les croyants

Les dirigeants de la Réforme se sont élevés contre l’institution catholique du sacerdoce et ont proclamé la « prêtrise de tous les croyants ». En outre, selon Martin Luther, l’engagement du chrétien dans la vie sociale est tout aussi satisfaisante aux yeux de Dieu que la vocation religieuse. La plupart des confessions ont cependant adopté l’ordination des pasteurs. Mais, tandis que le prêtre catholique est perçu comme un médiateur de la grâce divine, le pasteur protestant est considéré comme un laïc ayant simplement reçu la formation qui lui permet de remplir des fonctions religieuses : prédication et administration des sacrements. Cette idéologie de l’égalité fondamentale de tous les membres de l’Église a fait que l’administration des Églises protestantes est toujours restée plutôt démocratique. Il existe pourtant des différences. Les principales formes reconnues sont : l’administration épiscopale (les évêques y exercent l’autorité) des Églises épiscopale et méthodiste, comme dans l’anglicanisme ; l’administration presbytérienne (les presbytes ou anciens sont élus dans les organes dirigeants comme représentants des congrégations) des Églises presbytérienne et réformée ; enfin, l’administration congrégationaliste (la Congrégation elle-même y représente la plus haute autorité) des Églises congrégationaliste, baptiste ou autres.

4. Le culte protestant

Par comparaison avec la messe catholique ou la divine liturgie orthodoxe, les cultes protestants sont plus simples et insistent davantage sur le prêche. Les réformateurs ont institué la pratique des offices en langues locales et introduit le chant d’hymnes par l’assistance. Certains services (par exemple, le service pentecôtiste) ne possèdent pratiquement pas de structures et sont largement spontanés ; fondés sur la participation de l’assistance, ils privilégient les dons spirituels, comme la glossolalie. Dans toutes les traditions protestantes, le nombre des sacrements a été ramené, des sept existant dans le catholicisme, à deux : le baptême et l’eucharistie.