| courtois, courtoisie | Format lecture | ||||
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| 4. | La réévaluation de l'esthétique courtoise dans le nord de la France |
À partir du milieu du xiie siècle, des trouvères comme Gace Brulé, Conon de Béthune, et, au xiiie siècle, Thibaud de Champagne et Richard de Fournival, importent l’esthétique courtoise dans la poésie, puis dans le roman (Chrétien de Troyes). De manière générale, les œuvres courtoises de langue d’oïl célèbrent le désir amoureux avec moins de recherche, moins de sensualité et moins de force subversive : Chrétien de Troyes, dans ses premiers romans, tente ainsi d’accorder l’idéal courtois avec les règles de la religion et de la société en mettant en scène des héros unis par les liens du mariage. Cette tentative est toutefois abandonnée dans Lancelot ou le Chevalier de la charrette, et n’est pas reconduite dans la plupart des chefs-d’œuvre romanesques qui s’organisent autour d’une conception courtoise de l’amour : Tristan et Isolde de Gottfried de Strasbourg (v. 1210), le Roman de la Rose de Guillaume de Lorris (première moitié du xiiie siècle), puis, en Italie, les œuvres de Dante et de Pétrarque.
L’héritage de la lyrique d’oc perdure jusqu’à la fin du Moyen Âge dans des œuvres qui témoignent tout à la fois de la force d’attraction de l’inspiration courtoise et du déclin de l’éthique qu’elle promeut. En témoigne exemplairement la Belle Dame sans mercy d’Alain Chartier (1424), qui en son temps génère un vaste débat sur les conditions de possibilité de l’amour courtois.