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Les larmes du cinéma muet |
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En France |
Les premiers films mélodramatiques (les Victimes de l'alcoolisme, 1902 ; l'Honneur d'un père, 1906) sont tournés par le pionnier du cinéma Ferdinand Zecca pour la firme Pathé. Louis Feuillade s’engouffre pareillement dans cette veine prolifique en tournant pour la Gaumont la Bienfaitrice (1907) ou le Péché d'une mère (1909). Albert Capellani, quant à lui, se veut plus exigeant en entreprenant l’adaptation de l'Assommoir (1909) d’Émile Zola et Abel Gance, tout en ne reniant pas ses engagements avant-gardistes, ennoblit le genre mélodramatique avec la Roue (1923). Louis Delluc signe la Femme de nulle part (1921), Jean Epstein en profite pour expérimenter le montage dans Cœur fidèle (1923), Jean Renoir fait ses tout débuts avec la Fille de l'eau (1924) et Jacques Feyder s'impose avec Thérèse Raquin (1928).
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Dans les pays scandinaves |
Les mêmes tourments de la destinée alimentent nombre de productions d'Europe du Nord, parmi lesquelles il faut retenir Au bord de l'abîme (Afgrunden, 1910) du Danois Urban Gad, les Proscrits (Berg Evjind och hans hustru, 1917) du Suédois Victor Sjöström et le Vieux Manoir (Gunnar Hedes saga, 1924) du Finnois Mauritz Stiller.
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En Italie |
Dans la péninsule italienne, Nino Martoglio préfigure le courant néoréaliste avec Sperduti nel Buio (1914), Gustavo Serena émeut avec Assunta Spina (1915) et Roberto Roberti signe l'admirable Serpe (1919). Le mélodrame cinématographique recoupe la riche tradition vériste héritée de Verga et touche un public populaire déjà très friand du genre à l'opéra comme au théâtre.
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En Allemagne |
Pendant l’entre-deux-guerres, le mélodrame réaliste trouve d’autant plus sa place que la crise économique et sociale profonde qui sévit alors est propice aux larmes amères et apitoiements. C’est alors que Paul Leni tourne l'Escalier de service (Hintertreppe, 1921), Lupu-Pick signe le Rail (Scherben, 1921), Karl Grune réalise la Rue (Die Strasse, 1923), Ewald Dupond tourne Variétés (Variete, 1925), Georg Wilhelm Pabst met en scène la Rue sans joie (Die Freudlose Gasse, 1925) et Joe May s’appesantit sur la misère morale dans Asphalt (1925).
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Aux États-Unis |
La plupart des grands auteurs du cinéma américain muet ont abordé à un moment ou à un autre le genre mélodramatique. David Wark Griffith, en particulier, signe des chefs-d'œuvre comme le Lys brisé (Broken Blossoms, 1919), À travers l'orage (Way Down East, 1920), la Rue des rêves (Dream Street, 1921) ou les Deux Orphelines (Orphans of the Storm, 1922).
Cecil B. DeMille emprunte également cette voie avec The Squaw Man (1914), Carmen (1915) et Forfaiture (The Cheat, 1915), de même qu’Erich von Stroheim avec la Loi des montagnes (Blind Husbands, 1918), Charlie Chaplin avec l'Opinion publique (A Woman of Paris, 1923), Frank Borzage avec le Septième Ciel (The Seventh Heaven, 1927), Murnau avec l'Aurore (Sunrise, 1927) et King Vidor avec la Foule (The Crowd, 1928).
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Ailleurs dans le monde |
L'engouement pour le mélodrame est international. En Chine, aux Indes, au Mexique, en Espagne, en Hongrie ou en Tchécoslovaquie, le public est partout avide de ces émotions déchirantes que seuls procurent les vrais et purs mélodrames. L'Anglais Alfred Hitchcock commence d’ailleurs sa carrière dans ce registre, avec The Pleasure Garden (1925), tandis qu’au Japon, Kenji Mizoguchi signe l'Amour fou d'une maîtresse de chant (Kyoren no onna shisho, 1926).
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