Gide, André
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Gide, André
3. L’œuvre en germe

Dégagé de tout souci financier grâce à sa fortune personnelle, Gide s’oriente très tôt vers une carrière littéraire dont ses premiers échecs ne le détournent pas (les Cahiers d’André Walter, 1891) : il se déclare soucieux de produire une œuvre qui assure sa postérité plus que sa gloire immédiate. Les Cahiers, publiés à compte d’auteur comme plusieurs des livres qui vont suivre, contiennent en germe la plupart des thèmes que développera Gide par la suite, mais dans un style encore bien éloigné de la pureté classique. André Walter y confesse sous forme de journal son chaste et idéal amour pour sa cousine Emmanuèle, qu’il a promis à sa mère mourante de ne pas épouser. Après la mort de son aimée, il sombre dans la folie puis meurt à son tour. Gide y adjoint en 1892 les Poésies d’André Walter. Il est à cette époque marqué par l’influence du symbolisme et fréquente dès 1891 les « mardis de la rue de Rome » organisés par Mallarmé.